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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 15:37
il y a quelques années en Afrique…

il y a quelques années en Afrique…

Cette petite robe a une histoire que je ne connais pas. A-t-elle été achetée à Paris dans ce magasin qu’on appelait « À la ville du Puy » sur les grands boulevards derrière l’opéra ? ou encore aux désuètes « Dames de France » d’une modeste ville de province ? N’aurait-elle pas été plutôt confectionnée par une couturière émue et maternelle ? ou bien aurait-elle tout bonnement appartenu à une ancienne jeune fille, — cela est peu probable parce qu’elle paraît bien être de son temps, et témoigne de la toute dernière mode. La jeune fille aussi est de son temps, aussi simple que sa robe qui danse si simplement autour d’elle. Dans le mouvement, la robe se gonfle comme une voile, et emporte les désirs inconnus sur quelques airs en vogue. C’est une robe pour danser, pour s’étourdir de soi, être heureuse. On se demande, de la jeune fille ou de la robe, laquelle des deux transcende l’autre. Je sais très bien que la jeune fille serait toujours la même jeune fille sans la robe, — je ne suis pas idiot. Elle non plus n’est pas idiote, et sait très bien qu’avec ou sans la robe, elle sera toujours elle-même. Mais, tout de même, cette petite robe n’est pas sans faire un certain effet dans son cœur, et dans son âme où elle dépose comme de joyeuses petites étoiles, aussi innombrables que les pois malicieux s’égrenant dans les plis de sa douce corolle. Pourquoi danserait-on ? sinon pour sentir s’envoler autour de soi une légère robe claire ?  

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Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.