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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 01:26

Il m’était venu de drôles d’idées, cet été-là, — je ne voulais plus me coucher ni dormir jamais ; je trouvais que c’était du temps perdu. Je voulais, je voulais… je ne savais pas quoi exactement. J’avais réussi mon semblant d’examen et mon père me demanda ce qui me ferait plaisir. Pour une fois, je pris le temps de réfléchir et un air sérieux. « De la vie », répondis-je enfin, mais je ne savais pas, fichtre, ce que ça voulait dire. Je ne me trouvais pas plus courageux que ça. Comment tout cela allait-il finir ? (à cette époque, je crois, je projetais de partir pour la lointaine et secrète Argentine) Estate violenta, de Valerio Zurlini (1959), avec Eleonora Rossi Drago et Jean-Louis Trintignant.

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commentaires

Lika 28/03/2011 00:00


Je rappelle Eleonora Rossi Drago, mais je lui préférais Rossana Podesta. Dans ce film, c'est la petite brunette que j'aurais préféré, plus naïve et aimante, on dirait. Mais c'est tout le film qu'il
faudrait voir, ou bien connaître ces comédiennes ? Mais qui connaît-on ? même pas soi-même, n'est-ce pas...


Lika 23/03/2011 23:53


Il est trop tard pour que je puisse écouter ce qui se dit là (phil dort) mais cela me rappelle la question que m'a posée un jour le merveilleux chirurgien Georges Lemoine, tandis que je l'habillais
pour le bloc : "Dites, vous n'espérez pas de promotion ? - Si, monsieur, ai-je répondu spontanément, sans réfléchir : une promotion dans la joie de vivre". Et je venais de dire exactement ce que
j'espérais. Je me rappelle son étonnement.


Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.