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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 11:33

virginia-woolf-and-vanessa-bell.jpg
On dirait que les sœurs Stephens jouent dans le jardin (mais Vanessa, que tu as une drôle de façon de tenir la batte en te tordant le poignet gauche ! c’est presque une prise de raquette à la Björn Borg, non ? Il fait beau sur la Cornouaille, un peu gris toutefois. Le 3 janvier 1838, Stendhal écrit dans son journal : « Revenant du bal d’Angoulême, first sheetI was au moment d’envoyer f[aire] f[outre] (Dupont). » La note nous apprend qu’il s’agissait d’un bal donné par la comtesse Montijo, qui demeurait rue d’Angoulême. Dupont devait publier ses Mémoires d’un touriste l’été suivant. 

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commentaires

chappert jean Pierre 04/01/2010 21:03


Cher Jean Paul
Merci pour tes voeux et ô le beau cadeau que ce blog que tu offres à tes amis et à tous ceux qui aiment ta façon de voir et de dire les choses, sans parler de ton écriture et des histoires que tu
inventes, un vrai bonheur (c'est sincère, tu le sais)!
Nous t'embrassons très fort en te souhaitant plein de joies.
Martine et Jean Pierre


Lika 04/01/2010 00:20


Aie pitié de tes amis rustiques. Je me sens un peu...like a bull in a china shop... Bonne Année 2010, 2011 et ainsi de suite.


Pascale 03/01/2010 19:23


J'en dis que c'est une bonne idée et que j'aime toujours vous lire, pas de chance !


jean-paul 03/01/2010 12:14


pas de problème, chère Pascale, vous pouvez dire tout ce que vous voulez, et même plus ! Le paresseux paresse de plus en plus, — peut-être arriverons-nous à publier un dernier numéro, double,
pourquoi pas ? le numéro trente et trente et un en une seule livraison, — comme çà, on le laissera sur son trente et un… Qu'est-ce que vous en dites ? Belle année encore à vous !


Pascale 03/01/2010 11:56


Cher Jean-Paul,

Merci pour vos vœux et cette bonne résolution que tenir un blog. Qui l'eût cru !
A-t-on le droit d'y verser nos bêtises légendaires ou seulement regarder ?
Où en est le Paresseux ?
Je vous embrasse,

Pascale


Une Petite Rue D’Angoulême

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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.