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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 14:48

on-the-beach.jpg

Quelquefois, un jour d’Ascension par exemple, quelques amis se retrouvent presque à l’aube sur la Côte sauvage et tournent un petit bout de film en deux temps trois mouvements et quatre bouteilles d’eau minérale. Le vent aussi tourne dans le même petit bout de film, et toutes les vagues de l’océan seront bien au générique. Tout le monde s’y met dare dare (il est vrai qu’on est un peu en retard et le soleil a décidé, lui aussi, de jouer, pourquoi pas ? dans ce même petit bout de film). Ça raconte un poème de Jaufré Rudel, un drôle de poète du douzième siècle qui s’éprit d’une lointaine, fort lointaine comtesse. Il s’en passe des choses sur la plage ! Les comédiennes et les comédiens ne savent pas toujours leur texte sur le bout des doigts, mais on peut quand même lire sur la feuille de papier que le vent retourne dans tous les sens quelques lignes de sa réplique. A cette heure le petit bout de film en question est au montage. Personne ne l’a vu encore, mais il se peut qu’il y ait une projection ici ou là dans les tout prochains jours.  

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commentaires

Lila 11/06/2011 02:29


Pourquoi est-ce que je m'appelle ici "Lila" ? C'est Lika, voyons !


Lila 11/06/2011 02:28


Coucou Kitty ! je te vois lire dans ta robe blanche, bien appliquée sous ton ombrelle brodée. C'est dur, hein, d'apprendre par cœur !


kitty 09/06/2011 12:49


Ce vague Jauffré Rudel, dit-elle, est-ce donc lui que vous aimez vraiment ? Sans l'avoir jamais vu ?


Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.