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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 00:21

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C’est une jeune fille sérieuse de seize ans qui étudie les lettres dans un collège de Londres. Elle joue du violoncelle et s’ennuie un peu dans sa petite vie grise d’un Tottenham petit-bourgeois. Elle aime les romans, la philosophie, le Paris des chansons de Juliette Gréco, et, vraisemblablement, aussi, l’amour. Elle s’appelle Jenny, et, si tout se passe bien, elle se destine dès l’année prochaine à de très brillantes études dans un Oxford select et tiré à quatre épingles — n’était, il est vrai, quelques toutes dernières petites difficultés en latin. Elle va rencontrer un David qui promène en vieille Bristol de sport couleur bordeaux son élégante distraction interlope, et pour qui elle va devenir une « Mimie », une petite souris de plus qu’il lui faudra séduire. L’histoire est sans doute aussi vieille que l’amour même. À la fin, son chignon, sa robe de fiançailles rendent Jenny un peu trop adulte, — mais ses larmes, elles, ont encore dix-sept ans. Pour toujours. Une éducation, film de Lone Scherfig, avec Carey Mulligan et Peter Sarsgaard.

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commentaires

Lika 08/04/2010 18:26


Merci Fripou-nette , ou -gnette ? Le seul défaut de ce blog est de cacher les commentaires, et la mémoire, ça pèche grave chez moi.
La nostalgie - mesurée, quand même - je l'aime bien dans les films et les livres des autres. Mais je l'ai écartée de ma vie. Il faut être costaud pour se permettre la nostalgie sans qu'elle vous
fasse sombrer... Merci de m'avoir prénommée. Cela me touche, et je ne sais pas te rendre la pareille. A bientôt.
Gloire ! J'ai baissé un peu mon commentaire, et tu es apparue Fripounette !


Fripounette 06/04/2010 20:10


Mais Lika, il est évident, "époquière" comme tu l'es, que tu vas adorer ! La reconstitution est à croquer, musique à l'appui, à vous faire fondre de nostalgie, scène de pique-nique devant la Seine,
dans l'île St Louis avec le mouchoir à carreaux et le camembert et la bouteille de rouge, si si ! On rentre directement dans la photo de Doisneau avec la jolie robe à fleur sur fond de chanson de
notre Juliette. Point de soutif mal ficelé, c'est tout simplement ravissant.


Lika 06/04/2010 10:07


jai été vérifier sur mon Robert (tiens !) si soutien-gorge au pluriel doit prendre un s. Bien m'en a pris : je n'avais pas mis l's au bon endroit ! On doit écrire : des soutiens-gorge ou des
soutien-gorge. Occasion aussi pour dire que j'ai oublié d'écrire "seins" :"remontent les seins jusqu'aux clavicules"... Mais le lecteur de blogs développe son intelligence interprétative, on peut
lui faire confiance...


Lika 06/04/2010 09:48


Oui, c'était l'époque où il était indispensable que les soutien-gorges vous remontent jusqu'aux clavicules : avant mai 68, donc, où on a laissé tomber... les soutien-gorges...
J'ai quand même envie de voir ce film. "Je suis très époquière", comme disait une petite fille de huit ans, chez nous, quand elle voyait des films où les femmes étaient habillées de crinolines...


toto 05/04/2010 16:40


J’avais lu la critique de Patrick Modiano (dans le Libé des écrivains, daté du jeudi 25 mars 2010, à l’occasion du Salon du Livre de Paris), et l’avais trouvée très « nostalgique », mais pas
bêtement nostalgique, non, d’une nostalgie à hauteur de réflexion, plutôt, une nostalgie « modianesque » mettons, et le film a été exactement comme il l’avait décrit : une promenade dans les rêves
de vie d’une jeune fille, qui ne me parurent vraiment pas, mais alors pas du tout des clichés ! Une jeune fille moderne en quelque sorte, qui défend sa liberté. Pas simple.


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

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« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.