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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 01:02

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Dans les livres quelquefois il y a des histoires terribles qui font peur. On sait à peine lire mais on ne s’arrête plus, surtout lorsque des petites filles s’égarent dans la forêt sombre. On sait que dans la forêt le loup n’est pas loin, ou l’ogre affamé qui tourne en rond à l’intérieur de sa faim. On continue de lire malgré soi ; la table n’est plus là, ni les murs de la bibliothèque, ni même le livre. Alors où est-on ? dans l’histoire affreuse et les dessins qui effraient vos petits yeux. Le personnage principal de ces contes, c’est votre propre peur. Lewis Hine, A small public library, 1912.

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commentaires

snoring solutions 30/04/2014 10:55

When I started reading the article I thought about how to present this great theme. The intensity of the reading levels were easily brought out by those two kids in the snap.

Lila 26/06/2011 22:01


Eh, Larry ! Je m'appelle Lika, et pas Lila. Lika : celle qui aimait Tchekhov en vain...


Lila 26/06/2011 00:20


Quelle belle photo ! Où trouves-tu ces merveilles ?
Aujourd'hui, chez Gisela à qui je venais dire au revoir avant les vacances en Bretagne et prendre les livres commandés, je me suis accroupie pour regarder des livres pour jeunes élèves en allemand,
et une petite fille trilingue est venue me parler. A un moment donné, elle m'a dit qu'elle avait peur de l'enfer. Sa meilleure copine l'assurait qu'il y en avait un, avec plein de flammes pour vous
brûler. Je lui ai dit que l'enfer existe quelquefois, mais sur terre, et qu'il fallait qu'elle essaye que sa vie soit un paradis, que c'était possible. Elle était contente.


Sabine 23/06/2011 09:50


Et ce petit garçon, en promenade un dimanche après-midi dans la forêt de la Coubre avec ses parents: " Dis, maman, t'as des sous dans ton porte-monnaie?", "Dis, maman, y a du jambon dans le
frigo?"
La veille, elle lui avait raconté l'histoire du petit Poucet...


Kitty 23/06/2011 08:40


Et même que d'affreux personnages se mettent à sortir du livre le plus naturellement du monde : je me souviens des Krostons qui se sont mis à courir sur mes mains ! Oh que faire, sinon s'évanouir
un peu plus de peur ?


Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
  • le ciel au-dessus de la rue
  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.