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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 13:20

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Bertie est rentré pour le week-end, et c’est un grand remue-ménage dans la petite maison de Fanny.  On va plutôt aller dans le jardin, non ? pendant qu’il ne pleut pas. Tant pis si les hortensias ne sont pas encore fleuris. Pourquoi donc Constance a-t-elle mis cette robe-tablier noire ? Est-elle encore triste ? comme toute cette dernière quinzaine ? C’est à celle qui aura le plus grand sourire. Bertie se tient droit comme un i ; c’est un homme si bon ! Quand il rame sur la barque, et qu’on voit ses larges épaules et ses bras d’acier, on est toutes prêtes à chavirer ! Ce dimanche, on va faire un concours, laquelle de nous aura le plus de penchant pour Bertie ? — il faudra bien, un jour, qu’il choisisse l’une d’entre nous. Je suis sûre que ce sera Meg, ses yeux sont plus clairs, ses mains plus douces ! (Meg, c’est moi, au cas où vous ne l’auriez pas compris…) Wendell HotterHerbert Hotter and girlfriends, Detroit, Michigan, 1910.

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commentaires

Lika 29/04/2010 00:02


Je voulais écrire "de sa bien-aimée".


Lika 29/04/2010 00:00


A moi, on ne la fait pas. Meg, c'est toi, bien sûr, la plus jolie, la préférée, celle qui sait qu'elle peut se permettre de poser la tête sur l'épaule de Bertie, celle à qui il a dit qu'elle
ressemblait à la jeune Anne Hébert, qui vient de publier ses premiers poèmes au Canada. Les trois autres, elles se penchent comme pour rien, juste pour la photo. Il a de la chance, Bertie, il se
sent heureux dans son costume de confection. Personne dans le magasin n'a remarqué en faisant les retouches qu'il a le bras droit plus long que l'autre, mais quelle importance pour celui qui va
devenir écrivain et célèbre, auprès de la bien-aimée...


Kitty 26/04/2010 11:05


En vérité, nous revenions d'un voyage en Italie et avions été conquises par la Tour de Pise. Bertie n'a pas voulu nous accompagner, il a préféré Paris et sa Tour Eiffel.Il dit que l'année prochaine
nous irons tous ensemble à Istanbul... ouh la la !!! Vivement !


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.