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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 19:34

hommes-le-dimanche-copie-1.jpg

C’est à Berlin à la fin des années vingt du vingtième siècle. Wolfgang, un jeune représentant, invite Christl à la plage de Wannsee. Pourquoi pas ? Erwin, le voisin de Wolfgang, chauffeur de taxi de son état, l'accompagne, — Christl n’a-t-elle pas eu la bonne idée de venir avec sa blonde amie Brigitte ? Les acteurs ne sont pas professionnels, mais derrière la caméra il y a Robert Siodmak et Edgar Ulmer, et le scénario a tout de même été concocté par certains Billie Wilder et Fred Zinnemann, — rien que du beau monde pour ce film qui est une pure merveille de spontanéité, de fraîcheur, de jeunesse et de liberté. Le cinéma est devenu parlant depuis déjà quelques mois, mais du côté de Wannsee on tourne en muet soixante-quinze minutes d’un film néoréaliste avant la lettre. La nouvelle vague n’est pas loin, qui attendra cependant trente ans avant de s’afficher définitivement, — sans jamais dépasser ce moment miraculeux où, sur les berges de Wannsee, des jeunes filles tombent amoureuses et n’osent se l’avouer. (Menschen am Sonntag, Les hommes le dimanche, People on sunday, je crois bien qu’il existe un dvd disponible dans l'e-commerce, — il faut juste tomber dessus… mais ce n’est peut-être pas aussi simple qu’il n’y paraîtrait !)

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commentaires

jean-paul 08/03/2010 01:30


J’ai vu ce film, il y a longtemps, au ciné-club de la télévision (au temps où la télévision proposait encore un ciné-club…). Un ami m’a prêté le dvd et je l’ai revu il y a quelques jours : c’est
une merveille de simplicité et de justesse. On a envie de se mêler à la foule pour y être filmé à son tour dans le grand charivari de la vie au quotidien.


Lika 02/03/2010 10:03


Tandis que je veux te demander où, toi, tu as vu ce film (en DVD ou au cinéma ?) Nora monte une patte prudente vars ma hanche : elle sait que si elle veut être caressée, il ne faut pas griffer mes
vêtements. J'y vais... (Je pense souvent à votre chat Ibsen : son parrain disparu.)


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.