Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 13:59

tchekhov.jpg

Le bateau n’est pas fameux. Ce qu’il y a de mieux c’est le water-closet. La lunette est si haut perchée au sommet de quatre marches, qu’une personne un peu naïve dans le genre d’Ivanenka la prendrait facilement pour un trône. Le pire sur ce bateau ce sont les repas. Voici le menu sans changer l’orthographe : soupe au chou verd, saucisses aux chou, esturgeon fri, pouding de chat ; le chat se révéla être de la kacha. Comme j’ai gagné mon argent à la sueur de mon front, j’aurais préféré que ce fût l’inverse et que les repas fussent mieux que les cabinets… D’autant plus qu’avec le vin de Santorin, j’ai les intestins bouchés et vais pouvoir me passer de water jusqu’à Tomsk. Anton Tchékhov, sur l’Alexandre Nevski, Volga, à Tchékhova, le 23 avril 1890, traduit par Louis Martinez, éditions cent pages, 2003.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Lika 06/01/2011 00:12


Tu sais combien j'aime Tchekhov. Mais je suis intriguée. "un grand, un très grand monsieur", c'est quoi, pour toi?


jean pierre 22/12/2010 16:55


bonnes fêtes de fin d'année


jean-paul chabrier 21/12/2010 09:55


tiens tiens j’ai tout à coup l’impression qu’Anton est descendu à l’hôtel arc-de-triomphe, et qu’il va aller se promener sur les quais, — j’espère que cette fois ses bottes ne réduiront pas ses
pauvres pieds en marmelade


jean-paul chabrier 21/12/2010 09:52


de la littérature russe seulement ? — je crois plutôt, moi, qu’il est le maître de la littérature tout court, et pas seulement un écrivain, c’est un grand, un très grand monsieur


Hotel Paris Arc de Triomphe 21/12/2010 08:16


J'adore Tchékhov. Il est le master de la litérature russe.


Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
  • le ciel au-dessus de la rue
  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
  • Contact

visites

Recherche

il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.