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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 10:54

claudia-copie-2.jpg

Claudia s’appelle Aida dans le film Titanus que Valerio Zurlini tourna en 1961 dans une Italie coincée entre un air d’opéra et un jazz de plage. La fille à la valise est un peu paumée. Il n’y a guère que Jacques Perrin pour tomber amoureux d’une telle écervelée, mais jusqu’où, au juste, est-on prêt à « tomber » quand on est amoureux à seize ans ? Tout à coup la vie devient à la fois plus lumineuse et, aussi, beaucoup plus compliquée, jusqu’à frôler la mort. En cela Lorenzo se rapproche étonnamment d’Aida, et semble, c’est assez rare au cinéma, en comprendre la féminité en partageant l’exacte détresse de cette fille perdue. En même temps cette féminité est toujours excessive, mouvante, capricieuse, — une infinie et bouleversante terra incognita.

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commentaires

Lika 26/02/2010 19:59


Quel dommage que je n'aie pas vu ce film ! (Comme elle est belle, Claudia !)Je vais "tâcher-moyen" comme on dit à Rodez de me le procurer. Bien sûr, les combinaisons... J'en avais une, ravissante,
en soie rose pâle avec de la VRAIE dentelle (d'une délicatesse inouïe), offerte par ma tante. Maman s'est mis en tête de la repasser, alors que je le lui avais interdit - je la connaissais... Son
fer brûlant a laissé sa trace en plein centre de la merveille.
J'ai vu Patricia Kaas un soir, à la télé porter un objet comme celui-là - la dentelle en moins. C'était une robe ! Aux pieds, elle avait un genre d'Addidas. Mais cela la faisait ressembler à une
poupée. C'était joli. Et elle chantait une chanson que, exceptionnellement) j'aimais (et ne retrouve pas):
Fatiguée d'attendre
De toi des mots tendres
Que tu ne prononces pas
Toi qui ne penses qu'à toi
Je n'sais plus quoi faire
Moi qui d'ordinaire... ?
Heureusement pour toi, je ne me rappelle plus le reste.


Une Petite Rue D’Angoulême

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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.