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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 12:53

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On ne peut pas dire qu’elle ait encore beaucoup dansé, non ; son chevalier servant s’en est allé déjà, — ou bien il n’est pas encore arrivé, aussi l’attend-elle dans un coin du salon, dans le bouillonné de nacre de sa robe. Elle est sage. Elle n’ose pas trop sourire (peut-être son maquillage en souffrirait-il ?) Je me demande si les fleurs sourient, si près de son visage lumineux. Ses yeux clairs vous regardent intensément, et vous avez tout de suite l’impression qu’ils vous confient un secret. La beauté est-elle un secret quand le temps s’arrête ? Hedy Lamarr (Hollywood, années trente).

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commentaires

Lika 29/04/2010 10:53


ca m'est revenu à l'instant : Victor Mature. Mais est-ce que ne me trompe pas encore ? Je vais aller vérifier sur Google... Je dis souvent : quand j'aurai un Alzheimer, on ne s'en apercevra qu'au
bout de dix ans, et peut-être pas, puisque mes jours sont comptés (j'espère).


Lika 25/04/2010 01:07


Hedy Lamarr... ! Subjuguée par elle, je racontais "Samson et Dalila" à l'heure de la récréation aux copines pendues à mes lèvres. Et chose érange, j'ai toujours gardé son nom d'actrice en tête,
ainsi que celui de son partenaire, (Victor Masure. ce nom sonne bizarre : je devrais aller vérifier). Hier je n'ai cherché que sa biographie, et ai découvert qu'elle avait l'âge, en gros, de ma
mère, et était née comme moi à Vienne.On devrait vérifier ces choses-là à jeûn, de peur de prendre se déirs pour la réalité... Vivien Leigh avait quelque chose d'elle, non ?


Une Petite Rue D’Angoulême

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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.