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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 23:07

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Dimanche, par chez nous, c’est le jour de la lessive. Que je vous dise comment ça se passe : de bon matin, Kitty galope dans toute la maisonnée pour ramasser les draps, les torchons, les serviettes, les chemises, les culottes, bref tout le linge sale qui traîne un peu partout et qu’on garde même parfois au fond des panières du même nom, puis, ayant adroitement manœuvré la brouette pour la sortir de la buanderie, elle la charge de son baquet et la voilà partie toute guillerette en sifflottant jusqu’à la rivière, en amont du moulin, là-bas, là où les eaux lourdes viennent clapoter sur la pente douce de la rive. Le jour est debout depuis à peine une heure et les premières libellules caressent le miroir de l’eau. Kitty aime les libellules. Quelquefois il arrive que l’une d’entre elles vienne se poser tout près d’elle sur la roue de la brouette pour lui dire « bonjour » de toute la dentelle de ses ailes bruissantes. Il faut dire que mademoiselle la libellule a déjà terminé sa lessive, elle. Kitty n’en est qu’au fastidieux rinçage. Cela prend beaucoup de temps, beaucoup. Elle reviendra vers les midi à la maison, avec de bonnes pommes si elle est passée par le verger. L’après-midi, après avoir accroché le linge au fil, elle souffle un peu, occupée à ses travaux d’aiguille. En début de soirée, quelquefois, pendant que la tarte aux pommes cuit dans le fourneau, elle s’ennuie un peu ; hier, elle a commencé à écrire un gros roman dans son cahier à petits carreaux.    

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commentaires

finally asleep mouthpiece 02/01/2014 08:23

Doing laundry is a thing that I don’t like even a bit. But it is something that is not avoidable. Thank you for sharing the picture of people doing laundry on the riverbank. These pictures are a reminder of our olden days.

Lila 28/10/2011 00:45


Encore une fois, je ne m'appelle pas Lila mais Lika.


Lila 28/10/2011 00:05


Quand elle revient de la rivière, Kitty a les doigts si rouges que se mettre à coudre lui fait mal. Et puis elle accrocherait le tissu avec sa peau devenue rugueuse. Alors, elle prend son stylo, et
la chance lui sourit. Octave Mirbeau l'admire. Il lui conseille d'écrire davantage, il va l'aider.


Resolution 25/10/2011 10:27


J'adore votre façon d'écrire mais heureusement qu'aujourd'hui nous nous lavons plus le linge dans la rivière.


kitty 18/10/2011 13:42


Un gros roman ? Une espèce de roman anglais avec des pasteurs qui viennent prendre le thé chez les vieilles filles ? Croyez-vous ?


Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

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« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.