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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 09:26

Il-Giardino-dei-Finzi-Contini-copie-1.jpg

Alberto a un peu froid. Il met un disque sur le phonographe et demande à Micol si elle se souvient. « Oui, Sentimental Over You », répond-elle. Tous deux regardent alors sur une console une vieille photographie dans son cadre. C’est une dame d’autrefois. Micol se demande si elle sera comme Tante Josette quand elle aura vieilli. Alberto sourit. Il ne sait pas, — puis il avoue doucement un « Qui vivra verra ». La jeunesse, les rires et l’insouciance des parties de tennis s’estompent déjà. L’amour est à la fois une nostalgie des années passées, et l’incertitude du lendemain. Eux, ils vont mourir bientôt, sans avoir épuisé toute la tendresse de leurs désirs. Dominique Sanda, Helmut Berger, Il giardino dei Finzi-Contini, de Vittorio de Sica, 1970, d'après le beau roman de Giorgio Bassani.

 

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commentaires

Lika 24/06/2010 00:17


Merci ChG. Je vais essayer de me procurer ce livre !
Tiens, Larry, c'est-y pas l'éditeur qui adore tout ce que tu fais ? Je commanderai le livre chez ma Gisela...


ChG 23/06/2010 22:52


A signaler le beau texte de Christophe Fourvel sur Dominique Sanda (et sur le film lui-même) dans "Portraits de femmes magnifiques" (L'Escampette)


Lika 21/06/2010 02:00


Dominique Sanda... une de mes actrices préférées. Et comme c'était beau, ce film. Ce n'est qu'ensuite que j'ai acheté le livre. Et pourquoi m'est-il tombé des mains ? A cause de la traduction ? ou
bien ? (comme disent les Suisses).


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.