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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 19:48

Elle était restée si longtemps au fond de sa boîte dans la nuit du grenier qu’on n’ose pas tout de suite en tourner la clé. On a incliné timidement la bouteille, remonté en hésitant le mécanisme, puis, avec précaution, on pose la bouteille sur la table. On a un petit peu peur qu’après tout ce temps, tout se soit malgré tout un peu rouillé là-dedans. Mais non, on dirait que la musique revient d’au-delà l’enfance, et voici qu’aussitôt, oui, les fragiles petites jambes se mettent déjà en mouvement. La petite ballerine au long tutu de mousseline rouge tourne toujours sous la neige d’argent de ses précieux dix-sept ans, — et dans vos yeux renaissent dans un sourire le même émerveillement et le même attendrissement devant tant d’heureuses transparences. La petite ballerine d’autrefois danse encore dans votre cœur.

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commentaires

Kitty 05/10/2010 08:28


Avec aussi cette même pointe d'inquiète mélancolie devant la fragilité des jambes, cette impression de tourner en rond en gardant bravement le bras levé. J'ai regardé cette poupée enfermée dans sa
transparence de très longs moments,et tournant tournant tournant sur cette musique dont chaque note se détache distinctement au coeur de la mélodie, avec cette impression fascinante de me tenir au
mitant de la joie et de la tristesse.


Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.