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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 12:40
manuscrit tagore

« Elle se mit à songer que si son mari revenait, la vie cesserait d’être insipide et que le printemps ne refleurirait pas en vain. Combien de fois n’avait-elle pas tracassé son compagnon par de stériles disputes ou de vaines querelles ! Dans toute la sincérité de son cœur repentant, elle se promit de ne plus contrarier les désirs de son mari, de supporter son autorité et de se plier d’un cœur tendre à tout ce qu’il pourrait souhaiter de bien ou de mal ; car un mari est tout, un mari est l’objet le plus cher de l’amour, un mari est divin. (Rabindranath Tagore, in La sœur aînée, Mashi, Connaissance de l’Orient, Série indienne, Gallimard, 2002).

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commentaires

Kitty 19/02/2010 19:18


Il n'est jamais trop tard pour se mettre à l'écart des souffrances inutiles. Vite, à l'aspirateur, à la serpillère, au torchon et au fer à repasser !


Lika 18/02/2010 23:42


Je me demande ce qui a pu te donner envie de nous donner ce texte. Sorti de son contexte, il rend un son bizarre


Aléna 18/02/2010 21:30


mais ce texte est peut-être très lucide sur les conditions d'un mariage paisible... après tout... les passions ménagères nous mettent à l'écart de toute souffrance inutile. Quoi de moins illusoire
que les taches domestiques? La passion à côté, c'est du pipo.. si, si! Enfin pour moi c'est trop tard!
Que n'ai-je lu ce monsieur avant?


Kitty 18/02/2010 20:35


Le pinson se réjouit fortement en voyant à quel point le moustique avait si fortement envie de se jeter dans son bec.


jean-paul 18/02/2010 19:35


À ce compte les hommes ne pourraient JAMAIS écrire des dames (dont Diderot disait : « Quand on écrit des femmes il faut tremper sa plume dans l’arc-en-ciel et jeter sur la ligne la poussière des
ailes du papillon), ni, non plus, par corrélation logique, les femmes des hommes… Serait-ce bien raisonnable ? Pourrions-nous seulement écrire jamais ? et que dire des hommes ou des femmes qui
écrivent des pinsons, des moustiques ou des alligators ?


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.