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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 11:11

NATSUME-SOSEKI-copie-1.jpg

Imbriqués dans les méandres de la vie réelle, nous sommes en même temps aux prises avec les difficultés de la littérature, et c’est avec tristesse que nous constatons que, poussés par « l’air du temps » tout au long des trois cent soixante-cinq jours de l’année, nous sommes empêchés de tourner notre regard vers autre chose, obligés de nous rendre à l’évidence que la vie ne peut être qu’étouffante et sans beauté. Mais il peut se faire qu’un charme suranné ait sur notre vie intérieure un effet imprévu de fraîcheur. Aux prises avec la maladie, j'ai pu saisir ce bonheur simple grâce à un délassement fécond, et j'ai éprouvé la même sensation qu’à mon retour d’Europe, lorsque je me suis trouvé pour la première fois devant un repas sans prétention accompagné de riz. Sôseki, Choses dont je me souviens, traduction d’Elisabeth Suetsugu, éditions Philippe Picquier, 2000.

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commentaires

Lila 01/08/2011 01:35


J'aime bien ce rêve du chien endormi.


Papotine 30/07/2011 07:51


Oui, je l'aime bien, il pose la question du point de vue.

Ombre sur l’herbe douce
Le rêve du chien endormi s’élève
Comme brume légère

Soseki


Lila 30/07/2011 00:47


Merci à toi et à Papotine de me faire découvrir Soseki.
Papotine, aimez-vous ce haïku de Issa :
Pleine lune -
ma hutte délabrée est bien telle
que vous la voyez
? J'aime quand le haïku ne se "veut" pas poétique; quand il l'est, dans sa simplicité exacte. Et vous ?


Lila 30/07/2011 00:29


Il faudrait, bien entendu enlever le "Lire" dans mon commentaire. et je signe Lika, ah la la...


Lila 30/07/2011 00:26


Oui, je le comprends. Lire certains textes de Robert Walser ont sur moi le même effet de charme suranné, et cela m'apaise.


Une Petite Rue D’Angoulême

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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.