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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 16:40

miss-bertillot.jpg

Je passe de moelleuses journées dans la panière à linge sur la mezzanine de l’appartement, et, depuis quelques jours, j’ai un copain, un drôle de chat de gouttière qui passe son temps à se balader sur les toits, — comme il se doit. Il fait semblant de ne pas m’avoir remarquée, mais je sais bien qu’il sait. Je suis là, juste derrière la vitre, et je le regarde faire le malin à sautiller d’une tuile à l’autre. Je vais bientôt aller le rejoindre et lui montrer comment je sais sauter, moi aussi, qu’est-ce que vous croyez ? que je vais rester là à me tourner les griffes sans rien faire ? je pourrais même pousser un peu sur la droite jusqu’au conservatoire, et écouter de la clarinette (ou de la contrebasse) !

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commentaires

Lika 05/04/2011 16:39


J'ai oublié de dire que Putzi a ce regard quand elle est indignée, et attend des explications.


Lika 03/04/2011 22:16


Ce petit chat a le regard de ma Putzi (surnom viennois, il faut donc prononcer le "u" comme un "ou" de chez nous... et le "tz" : "tsi".) Vous avez compris que je l'adore. Il paraît que c'est le
surnom de l'épouse Gustav Mahler... ! C'est celui de ma soeur. J'a appelé la petite comme ça pour que ma soeur l'aît à la bonne. Loupé.
Quant au comportement de ton chat, il ressemble plutôt au comportement de notre diva Nora... qui voit tout, et ajuste son comportement en conséquence.


kitty 02/04/2011 17:05


Hmmm... ce plissé de poils ! Mademoiselle Bertillot est de l'étoffe des grandes dames.


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.