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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 16:34

freesia

Le soir, leur parfum ressemble à celui du jasmin et entête le bord de la cuisine (nous mangeons dans la cuisine, chez nous). On dirait que la lumière se fait plus douce autour des fleurs ; je me demande si une fleur n’est pas un sourire. Tout de suite la maison est plus belle, — non, ce n’est pas plus belle qu’il faudrait dire, plutôt plus légère, plus gracieuse peut-être. Maintenant on vit dans leurs murmures (il faut bien tendre la bonne oreille pour les entendre). Elles se racontent. De vrais romans, tenez-vous bien, avec des coups de lune, le premier soleil du matin, de la neige quelquefois certains après-midi, — et au printemps plein de papillons aussi colorés qu’elles qui font les fous dans le vent. C’est un bouquet de confidences à portée d’amitié. La nuit, elles s’endorment en se blottissant dans un secret.

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commentaires

Regina 18/03/2010 22:36


Si la fleur est un sourire, sa couleur pourrait en être le battement des cils, son parfum l'effleurement de la peau.... et les mots seront un cadeau, pour l'âme - elles seront comme des baisers
immergé dans la douceur du printemps. Je me laisserais bien emporter sur le dos des papillons écouter ces histoires et leurs musique.
Merci! Merci, pour ces mots. T'est un poète ! On le savait déjà, mais c'est bien de le redire. T'as même réussi d'arracher quelques mots à ma timidité..


Regina 18/03/2010 22:27


Si la fleur est un sourire, sa couleur pourrait en être le battement des cils, son parfum l'effleurement de la peau.... et les mots seront un cadeau, pour l'âme - elles seront comme des baisers
immergé dans la douceur du printemps. Je me laisserais bien emporter sur le dos des papillons écouter ces histoires et leurs musique.
Merci! Merci, pour ces mots. T'est un poète ! On le savait déjà, mais c'est bien de le redire. T'as même réussi d'arracher quelques mots à ma timidité..


Lika 26/02/2010 20:14


Ton billet est encore plus délicat que la photo. Délicat comme Kitty, dont les pas dans le sable ne doivent presque pas laisser de traces.


Pascale 24/02/2010 16:21


Je ne sais pas si on te l'a déjà dit, Jean-Paul, mais tu donnes envie d'écrire. Te lire c'est... comment dire... voilà, comme ça, ça fait un bien fou.


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.