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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 14:18

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A l’époque, je devais avoir neuf, dix ans, je fis un voyage jusqu’à Threeroses, — dans le Montana. Pour cela je traversai la moitié du pays, et, une fois arrivé, il ne me resta plus qu’à revenir à mon point de départ, c’est-à-dire chez moi, à Fontaine, dans l’Indiana, où je me morfondais communément comme un pauvre malheureux. J’étais déjà salement amoureux de Daisy, la fille de l’épicier au coin de Mainstreet, pas très loin du temple. Je me demande si ce n’est pas à cause de cette mijaurée de Daisy que j’entrepris si stupidement cette virée jusqu’à Threeroses. Je n’étais pas d’un tempérament particulièrement fugueur, non, et l’esprit d’aventure m’avait épargné jusqu’alors. Alors quoi ? qu’est-ce qui me prit d’aller à bicyclette jusque dans le fin fond du Montana (ai-je seulement cru, un moment, qu’il y aurait là-bas un trésor qui m’attendrait ?) Le vélo, ce n’était pas même le mien, mais celui de mon grand-père. Il n’avait pas de freins. Il n’y en avait pas non plus sur mon cœur lorsque je repensais aux cheveux de Daisy, — où à ses petites mains fines et intelligentes quand elle rendait la monnaie au magasin. (Photographie de Lewis Hine)

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Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

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« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.