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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 17:41

Apollinaire-g.jpg

C’est sur les hauteurs de Nice qu’il la rencontre, — cela fait deux soleils dans sa vie, désormais. Guillaume est perdu (quel poète ne l’est pas ?) Il va endormir ses nuits près d’elle dans l’ombre opiacée de longues confidences. Mademoiselle de Coligny-Chatillon est une rue, un oiseau, un rayon de lune. Elle est un peu fofolle, et a un « Toutou » dans sa vie : il est officier sur le front, tout là-haut, du côté de la Meurthe-et-Moselle. Nous sommes en 1914. De Saint-Jean-Cap-Ferrat Mademoiselle de Coligny-Chatillon le bombarde de lettres. Mais que vient faire tout à coup ce Polonais dans sa vie ? Guillaume va à Nîmes et s’engage dans le troisième régiment d’artillerie de campagne. L’heure est toujours à l’amour quand on enrégimente les promesses. Les lettres à Lou, Guillaume Apollinaire.

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commentaires

Lika 16/12/2010 12:16


Très intéressée par ce qu'a écrit ici Emmanuel Pollaud-Dulian.


Emmanuel Pollaud-Dulian 20/08/2010 10:13


Bonjour.
C'est un plaisir de retrouver cette carte dessinée par Gus Bofa sur votre site.
A l'origine, les établissements Minot annoncent en 1916 leur intention de mettre en chantier une collection de papier
à lettres et de cartes postales, confiée à des illustrateurs célèbres. La Pochette de la Marraine doit « permettre à quelques artistes mobilisés, ou rendus, après blessures, à la vie civile, de
trouver (…) un supplément de ressources appréciable et souvent nécessaire » et de « faire connaître nos jeunes talents tant à Paris et en province que chez nos Alliés et Amis, de montrer à
l’Étranger que les soldats français, même dans les tranchées, sont capables d’un effort artistique. »
Georges Lepape, André Hellé, Charles Martin, Marty, Jacques Brissaud, et Guy Arnoux , entre autres, répondent à l’appel.
L’affaire avance si lentement que les trois premières pochettes, celles de Bofa, Laforge et Boutet de Monvel, ne paraissent qu’en 1918. La contribution de Bof, la Pochette des As survole
l’histoire de l’armée française depuis « l’As des cavernes… qui creusa la première tranchée » jusqu’à celui de la Grande Guerre, en passant par ceux de Bouvines, Marignan, Rocroi, Fontenoy et
Wagram. La guerre jouant les prolongations, le soldat en bleu horizon, présenté en 1916 sous la légende optimiste de « Manœuvres 1918 », devient « L’As des as, celui de Verdun, de la Somme et
d’ailleurs. »
Apollinaire, dans un article publié par L'Europe nouvelle, en avril 1918, félicite l’éditeur d’avoir eu « l’heureuse et généreuse initiative de faire participer aux bénéfices de la
vente les artistes eux-mêmes » et fait bon usage des cartes qu'on lui a offertes. La paix, éclatant par surprise, provoque l’abandon du projet.
Bien cordialement.


Lika 19/08/2010 18:45


Au Front, il vaut mieux être seulement bombardé de lettres...


Une Petite Rue D’Angoulême

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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.