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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 21:42

walser-jeune-copie-2.jpg

« D’une manière générale, dans quel genre de logement logent messieurs les écrivains ? À cela, on peut et doit répondre ce qui suit : ils préfèrent, si les circonstances le permettent, habiter des mansardes situées en hauteur, avec vue, car de là, les poètes dramatiques, tout comme les épiques et les lyriques, jouissent du regard le plus libre et le plus riche sur le monde. Quant au loyer exigible, ils s’en acquittent, espérons-le, de temps de temps, avec toute la ponctualité possible. » Robert Walser, in Petite prose, traduit par Marion Graf, éditions Zoé, 2010, — cité également par Léa à son beau-frère Maurice, de retour de la poste, dans le premier épisode de Maurice et Léa, le feuilleton littéraire et dessiné de Dominique Hérody.)

 

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commentaires

Lika 06/04/2010 11:08


Tu sais comme j'aime Walser. Je croyais ne pas posséder "petites prose", mais j'ai retrouvé -acheté chez Gisela le 23 23 01 - Rêveries et autres petites proses" (éd. L'aire bleue). Je m'étais
arrêtée au texte appelé "Le berger". Or, un peu plus loin, "Le rêve(II)" raconte sous forme de cauchemar ce que j'ai vécu en déboulant à lâge de quatre ans, dans un orphelinat, à Shanghaï, et dont
je parle de manière plus feutrée dans Le Tournesol de Davos - que tu avais eu envie d'éditer...
Je vais mettre ces passages dans mon propre blo pour ne pas alourdir le tien. Tschüs! comme disent les persgonnes de langue allemande.Cela correspond à notre "A plus !"
PS : Etrangeté (on est habitué, dès qu'il s'agit de Robert Walser) : en page 5, on lit "Rêveries et autres petits proses - Taduction et préface de Catherine Sauvat". Mais c'est un Frédéric Brument
qui signe la préface et un Julien Hervier qui signe l'"Avant-propos du traducteur"... Bizarre, non ?


jean-paul 19/03/2010 18:41


« Erratum : c'est Alain le beau-frère de Léa, et c'est dans le dernier épisode à ce jour », me signale l’auteur de Maurice et Léa, qui doit tout de même savoir de quoi il parle !

Toto.


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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.