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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 14:49

carson-copie-3.jpg

 

« Ken Harris avait passé l’après-midi devant sa machine à écrire, face à une page blanche. C’était l’hiver et il neigeait. La neige étouffait les bruits du dehors, et le silence était si grand, dans l’appartement de Greenwich Village, qu’il était gêné par le tic-tac du réveil. Il s’était installé dans la chambre pour travailler, parce qu’elle contenait les affaires de sa femme, et ça le rassurait, ça lui donnait l’impression d’être moins seul. » Carson McCullers, Qui a vu le vent ? (in Le cœur hypothéqué, traduit par Jacques Tournier, Stock, 1977).

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commentaires

Daniel Pérez 19/04/2010 00:08


Voyons, fin septembre, c'est le printemps, le vent est donc doux.
Enfin je suppose, c'était un vent lointain...


toto 15/04/2010 22:10


Oui, je suis allé du côté de coucouville-les-nuées, et j’ai vu le vent. Celui du 30 septembre 2009. Merci. Mais était-ce un vent chaud, ou un peu frisquet pour la saison ? (c’est une espèce de
question…)


Daniel Pérez 11/04/2010 19:39


Ma foi, c'est ce qui s'approche le plus de l'avoir vu, le vent:
http://coucouville.blogspot.com/2009/09/voir-le-vent.html


Lika 08/04/2010 18:11


Je trouve étrange que la couverture au rose épuisé de mon vieux "Coeur hypothéqué"(Le Cabinet cosmopolite/Stock)comporte au niveau du C de Carson un trou de cigarette oblong en forme de petite
prune qui n'a pas traversé les pages, mais les a juste brunies - de plus en plus faiblement - jusqu'à la page 57 dans "Poldi"... Prétexte pour relire Carson au lieu de travailler le Stravinski que
mon adorée Ulla Lidman a posé rue le pupitre du piano. La vie, quoi. Merci, Larry.


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.