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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 11:09

pina-bausch-copie-2.jpg

(…) Pina Bausch est enfin née pendant ces journées lumineuses du printemps 1978, tandis qu’elle s’achemine, obstinée et intransigeante, sur ses bientôt quarante ans. C’est une somnambule à la figure livide échappée d’une esquisse douloureuse et tremblante d’un Alberto Giacometti, dans la nudité absolue de son avant-garde. Elle se perd dans la forêt désordonnée des chaises brutalisées de son infernal Café Müller, que Rolf Borzik a minutieusement scénographié (…) Une reine en exil, un tombeau de Philippine Bausch, de Jean-Paul Chabrier (extrait de la courte notice biographique, Actes Sud-Papiers, coll. Apprendre, mai 2010). Pina Bausch à Düsseldorf, le 22 octobre 2007, photographie de Volker Hartmann.

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commentaires

Lika 29/04/2010 10:47


Non, par semaine, je me suis trompée.


Lika 28/04/2010 23:34


Actes-Sud-Papiers... Je suis contente pour toi ! C'est ma bonne surprise du soir. Je vais le commander à Gisela (qui ne t'a pas oublié - mais 80 h de travail par jour... alors, elle ne répond guère
que quand on l'appelle...)


ChG 27/04/2010 15:28


Lapsus : je voulais dire "avec la notice biographique"?


ChG 27/04/2010 15:27


Bravo Jean-Paul! Très heureux que ce texte paraisse (avec le "tombeau"?) Amitiés, C.


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.