Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 21:30

La cheville ouvrière, c’est elle, la danseuse de kathak, et ses mille clochettes qui écrivent, en huit minutes de magie étourdissante, tout le roman des légendes indiennes. L’estrade semble recouverte d’un vrai tapis volant authentique, dans un coin duquel sont tapis les musiciens. Vous avez remarqué que la lourde natte des cheveux de la danseuse est attachée sur ses reins, et que miroir, voyeur impudent, démultiplie la grâce par deux. Les mélomanes couchés sont sous hypnose. Jalsâghar, le salon de musique de Satyajit Ray, n’est pas seulement un vertige, — c’est un vertige qui dure.


Partager cet article

Repost 0

commentaires

pierre 17/01/2010 00:17


Y a pas à dire, le costard, c'est tout un art. Je vois que la chasse aux costards est lancée, je vais plonger dans mes réserves, peut être Bill Evans le jeune...


Kitty 05/01/2010 21:53


Oui, c'est la magie de l'effet clochette.


jean-paul 04/01/2010 23:58


je crois que c'est la danseuse qui chante, il me semble apercevoir ses lèvres remuer quand la caméra se rapproche assez d'elle… Il fut un temps où c'était les hommes, vêtus en femmes, qui dansaient
le kathak, — mais étaient-ils aussi gracieux que la danseuse de Satyajit Ray ?


Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
  • le ciel au-dessus de la rue
  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
  • Contact

visites

Recherche

il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.