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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 11:27

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Ce n’est pas ce qu’on croit. Il y a deux mondes, celui que nous rêvons et celui dans lequel nous rêvons, — il se pourrait même que nous vivions précisément dans le monde que nous avons rêvé, et c’est peut-être dans ce dernier qu’Augustine a demandé à Oswaldo de venir la rejoindre à l’hôtel des Deux Mirages, avenue des Cœurs brisés. Il a reçu une petite enveloppe toute rose comme sa robe dans laquelle un petit mot écrit à l’encre bleue comme ses yeux disait : « Cher Oswaldo, soyez donc mon tendre Pierrot, ce soir, vers vingt-deux heures trente-sept aux Deux Mirages. La lune m’a parlé de vous, et si vous êtes aussi sage que doux, je vous dirai tout ce qu’elle m’a dit, — à l’oreille. Augustine Latour. » Nous voilà donc dans une drôle de petite romance. Augustine a mis sa robe rose, et ses yeux sont toujours bleus dans la nuit fragile du petit salon. Une fois prochaine je vous dirai ce qui se passa dans le cœur affolé de ce très timide Pierrot d’Oswaldo, — si vous êtes sage. (Auguste Toulmouche, Le baiser 1886). 

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commentaires

Lika 11/04/2010 01:34


Oui, là où ils se verront, Augustine s'arrangera pour qu'il n'y ait pas de table...


Kitty 08/04/2010 21:51


Superbe ! Hummm, ces frous-frous de robe fleurie... !


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.