Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 16:16
stendhal
Je crois que c’est encore une page de Stendhal (on reconnaît bien sa façon de dessiner, à main levée, ses magnifiques petits plans, qui permettent de mieux suivre ses jeux de piste, et ne pas se perdre trop en route dans la forêt, ou les clairières, de son écriture). Ça doit être une page grenobloise de la Vie d’Henry Brulard. On dirait presque le dos d’une enveloppe. Je vais aller voir, dès lundi matin, dans ma boîte-aux-lettres, qui sait ? peut-être m’aura-t-il écrit ? — pour m’expliquer comment préparer une bonne soupe littéraire, dans l’hiver bleuté du récit, ou celui, plus lumineux, d’une terrible nouvelle italienne.  

Partager cet article

Repost 0

commentaires

noutchka 28/01/2010 10:17


Il y eut une magnifique exposition sur l'écriture à l'IMA. Le parti pris était de montrer les signes indépendamment du sens.
Je m'étais longuement arrêtée sur des manuscrits et lettres d'écrivains (Camus, Stendhal, Victor Hugo...) qui présentaient toutes des ratures, rayures, pour n'être plus que des magmas de signes et
de de traits.
J'avais été d'autant plus touchée que l'on pouvait, malgré tout, se promener dans différents versions d'un même texte et dans cette errance, sentir le travail de l'orfèvre.


Kitty 17/01/2010 13:32


Ce devait être un jour où il était bougon ou énervé.


Lika 17/01/2010 00:58


Tiens ! Je croyais que Stendhal, contrairement à Flaubert, était le champion du premier jet. On m"a donc menti ! "Mon père et ma mère que je vous veux du mal !"


Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
  • le ciel au-dessus de la rue
  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
  • Contact

visites

Recherche

il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.