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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 11:59

tricot.jpg

Depuis ces quelques dernières semaines Miss Kitty est aux prises avec du gros-œuvre dans son big essai, — aux dernières nouvelles, après avoir taillé, sarclé et repiqué tout ce qui bouge, elle tricoterait calmement les tout derniers liserés et s’appliquerait à peaufiner les détails de la belle ouvrage. Je me suis dit que je pouvais tout de même lui refiler un petit coup de main, — mais bon, ça la ferait plutôt se marrer ma technique hasardeuse du tricot, on dirait que je suis entré là-dedans à peu près comme un éléphant dans un petit magasin de porcelaine. Il faut reconnaître que si elle doit démailler tout mon travail, ça ne va pas beaucoup l’avancer… mais on ne va pas s’écharper pour ça. Je me contenterai donc de mettre son manuscrit en pages sur du joli papier. On va y aller mollo au début, disons deux, trois exemplaires, de quoi voir venir de plus sérieux gros tirages (autour de sept cent mille, — en arrondissant). 

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commentaires

Lika 01/06/2011 01:43


Il est trop tard pour que j'écoute ce que disent Messieurs Boujut et Jaccottet... Demain, je me donnerai le temps de venir.
C'est bien mystérieux ces tricotages... de texte, Larry. Et pourquoi pas 700 000, hein ? Ce sont des choses qui peuvent arriver... et que je vous souhaite.


Sabine 25/05/2011 23:29


C'est évident, et j'encourage !!!


kitty 24/05/2011 15:13


Eh dis donc, tu n'aurais pas oublié un zéro après 700 000 ?


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.