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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 12:04

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La vie est souvent compliquée, je l’ai remarqué, même avec l’inestimable aide précieuse et secourable des quatre cent quatre-vingt-deux titres des guides Marabout de ficelle, seulement la vie n’est pas compliquée tout de suite : il y a quand même le petit-déjeuner avec, sur la blanche nappe brodée, son grand déballage de gelées, marmelades, compotes, crèmes et confitures, comme celle des Myrtilles de la Chaumière, par exemple, qui fait rougir de plaisir la jolie biscotte dorée ! Sur la langue, avec le parfum sucré et acidulé, en fermant bien les yeux on voit poindre la ligne bleue des Vosges qui nacre déjà toute votre journée… Alors Madame la vie est priée d’attendre un peu quelques minutes avant de devenir compliquée, s’il vous plaît !… Purée de fruit, qu’est-ce que je vous disais ? il y a déjà un grand drame qui se prépare, vous savez quoi ? — le pot de confiture est vide, tout ce qu’il y a de plus vide !

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commentaires

jean-paul 17/03/2010 02:15


Une précision d’ordre « vie quotidienne » de l’auteur du blog, je ne déjeune jamais ou très rarement, me contentant d’une tasse de café. Je ne repasse pas les nappes non plus, c’est vrai, mais je
ne me mets pas les pieds sous la table : je les mets dessus. D’ordinaire je fais la vaisselle, — et je lave mes chaussettes…


Lika 17/03/2010 01:23


"La blanche nappe blanche brodée" !
Pourtant, cela a dû être compliqué d'enlever les taches de confiture, quand on a voulu la laver, la fois d'avant... Et puis, il a fallu la repasser - à l'envers - pour ne pas "écraser la
broderie.
Pour celui qui vient mettre les pieds sous la table du petit déjeuner, la vie, en effet, n'est pas encore compliquée "tout de suite"...


Kitty 11/03/2010 13:08


Preuve que la vie est compliquée, dès le matin : il ne suffit pas de sortir de la chaumière et de se baisser pour cueillir les pots de confiture. Du fruit âpre à la douceur sucrée, que de chemin à
parcourir, de manipulations, de vaisselle sale et tutti frutti... Mais pourquoi donc tout ne nous tombe-t-il pas tout cuit dans la bouche ?


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.