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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 23:31

chez-catherine.jpg

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais un tout nouveau restaurant vient d’ouvrir ses portes au bout de la rue d’arc. Les nappes à carreaux rouges et blancs sont gentiment posées sur les tables qui débordent sur le trottoir avec leurs petites chaises pliantes. On peut y acheter du tabac, boire de la bière, et Bourvil et Léonard Cohen passent régulièrement sur le tourne-disque. Toute cette semaine, au menu, garbure, garbure et garbure. Sur la fin, ça devient un genre de potée, mais on dirait qu’il en reste toujours ; en dessert, mousse au chocolat et blanc-mangé maison. Le rouge charentais de Segonzac coule à flot. Les clients sont tous des habitués : ils ont leur prénom pyrogravé sur leur rond de serviette rangé dans les casiers. L’ambiance est plutôt bon-enfant. On y court déjeuner ou dîner autant pour la cuisine savoureuse que pour y apercevoir Catherine touillant dans ses marmites en esquissant de savants pas de tango devant ses fourneaux.     

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commentaires

Lila 24/01/2012 01:30

Un de ces restaurants comme on en trouvait autrefois. J'adore cette rue et ce "Tabac Restaurant" ! J'avais oublié le charme des casiers où on aperçoit les ronds de serviette ! J'enviais les
privilégiés qui peuvent aller aussi souvent au restau.
Le mot "blanc mangé", par contre, est un mot qui m'a toujours donné la nausée. Au point que je l'aurais écrit de travers (er au lieu de é) et que je n'ai jamais cherché à savoir de quoi il
s'agissait. Et j'apprends qu'on peut rêver sur ce mot ! Je n'en reviens pas...

Sabine 22/01/2012 13:47

Boire de la bière... J'apporte la mienne ?

ALiCe__M 05/01/2012 06:57

Je ne sais pas ce qu'est le "blanc-mangé",mais ça me fait rêver.

kitty 18/11/2011 13:10

Et les chats ? Tu ne parles pas des chats qui sirotent leur jus de thon au comptoir ?

Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.