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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 12:51
fernand-khnopff-jeanne-Kefer-1885-the-getty-museum-los-ang.jpg

Je connais une petite fille qui ressemble vraiment beaucoup à Jeanne. Elle habite la grande ville de Paris, en France. Elle aussi attendra bientôt sa maman à la sortie de l’école, elle aussi elle aura un joli bonnet et un manteau avec huit gros boutons et de larges rubans. Comme elle sera très sage elle aussi, on lui mettra également des rubans à ses souliers noirs pour marcher et courir dans le grand monde. Je me demande à quoi elle pense, cette petite fille. Elle est très impatiente. Bientôt, bientôt elle aussi elle aura un beau cartable comme son papa. Elle y mettra ses crayons et ses cahiers, et puis le dernier rêve de sa nuit, — quand un colibri se posa sur sa main. (Fernand Khnopff, Jeanne Kéfer, 1885, The Getty Museum, Los Angeles).

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commentaires

Lika 17/02/2010 23:50


Oui, la petite fille - celle qu'on voit, pas celle de Paris - semble à la fois impatiente (sa main droite, une main de femme d'ation) et résignée, provisoirement, on le lui souhaite, aux attentes
que vous fot subir les grandes personnes, elle est prête, elle attend, il faut bien. Son visage ressemle à celui de Kitty, et ses couleurs. Son manteau me rappelle celui que portait Nathalie
Sarraute quand elle était petite fille en Russie. Il m'avait frappée.


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.