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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 12:51

Edouard_Manet_-_Buveuse_de_Bocks.jpg

C’est une belle journée d’été, vous descendez un peu vers le Sud, en obliquant légèrement à l’Est, pour vous arrêter au détour d’une départementale, avant Toulouse et Montauban, dans un village qui sourit au milieu des terres brunes et jaunes, et qui domine son horizon de tourterelles. Nous sommes à Lauzerte. Après un sérieux raidillon, vous parvenez dans les ruelles ombreuses et leurs maisons silencieuses. Vous marchez en vous perdant lentement, et, tout à coup, émerveillé, vous débouchez enfin sur la place pavée envahie par les tables et les chaises des terrasses des deux cafés qui s’y cotoient rudement dans un angle rustique. Ça tombe bien, c’est l’heure de l’apéro, — Kitty est déjà attablée et lève gentiment son bock de bière rousse à la santé des sauterelles, des moineaux, et des boutons d’or. Edouard ManetBuveuse de Bocks, 1878.

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 14:30
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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 14:03
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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 01:09
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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 10:29
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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 13:15

 

Le chemin étroit vers les contrées du Nord, de Bashô (éditions Héros-Limite, Genève, 2006) me fut offert par Halbo l’année dernière ; le texte lu est extrait de La grande aventure du monachisme entre orient et occident, — sous la direction de Juan Maria Laboa (Lethielleux, 2002) prêté par Ingrid. Vous savez tout, — et même plus.

 

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 18:09
C’était il y a quelques semaines, entre Angoulême et Vauvert, du côté de la silencieuse petite Camargue, j’écrivais le début de par les brumes d’un soir d’été après l’orage. L’image bleutée sautille un peu, — comme l’inspiration. Maintenant, je m’occupe de Dinu Lipatti, qui donna son dernier récital le seize de septembre 1950 dans la salle du Parlement à Besançon, il y a plus de soixante ans. 
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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 11:11

NATSUME-SOSEKI-copie-1.jpg

Imbriqués dans les méandres de la vie réelle, nous sommes en même temps aux prises avec les difficultés de la littérature, et c’est avec tristesse que nous constatons que, poussés par « l’air du temps » tout au long des trois cent soixante-cinq jours de l’année, nous sommes empêchés de tourner notre regard vers autre chose, obligés de nous rendre à l’évidence que la vie ne peut être qu’étouffante et sans beauté. Mais il peut se faire qu’un charme suranné ait sur notre vie intérieure un effet imprévu de fraîcheur. Aux prises avec la maladie, j'ai pu saisir ce bonheur simple grâce à un délassement fécond, et j'ai éprouvé la même sensation qu’à mon retour d’Europe, lorsque je me suis trouvé pour la première fois devant un repas sans prétention accompagné de riz. Sôseki, Choses dont je me souviens, traduction d’Elisabeth Suetsugu, éditions Philippe Picquier, 2000.

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 19:56

D’habitude Joselito a des costumes sombres, une chemise blanche et une cravate noire, mais là, c’est un petit tzigane tout droit sorti de l’hacienda de don Diego, et la vie est, déjà, un drôle de cirque. 

 

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 18:06

alouette-commune.jpg

Une voiture d’arrosage au ventre rebondi traversait le parc dans un bruit de grincement, et aspergeait la pelouse et les massifs de fleurs. Un merle à l’allure de gamin des rues sautillait à côté de la voiture et repoussait de son aile gauche la bruine des gouttes d’eau. Invisible, quelque part dans les airs, tout un pensionnat d’alouettes envoyé en vacances faisait du vacarme. Joseph Roth, Avril. Histoire d’un amour, traduit par Stéphane Pesnel (Le Seuil, juin 1996).

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Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
  • le ciel au-dessus de la rue
  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.