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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 10:30

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J’ai l’impression que le monde ne ressemble pas du tout à l’idée que je m’en étais faite. Depuis trois jours que je chevauche au milieu des plaines et des canyons, je n’ai pas encore vu de Peau-Rouge, pas la moindre plume à l’horizon. C’est à croire qu’on m’a raconté de jolies fariboles (tout ça parce que je voulais savoir si, devant un vrai Indien, je me montrerais assez courageux, mais peut-être qu’au lieu de nous battre nous serions sacrément devenus amis ?) Mon cheval est fatigué, et j’ai le dos en capilotade. Je crois que je vais plutôt continuer en train. On dit qu’en Californie, tout là-bas vers l'Ouest, on peut s’engager comme chercheur d’or. C’est un boulot qui me plaît. Je vais faire fortune en quelques semaines, — alors je reviendrais au pays, et hop ! je pourrais me marier avec Gladys.

13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 13:07

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Presque deux mois auparavant, le douze janvier, en match amical, l’équipe de France de football-Association avait battu, à Saint-Ouen, celle de l’Italie 1-0. Le seize février, dans une rencontre amicale à Bruxelles, des Belges belliqueux les aplatirent rudement 3-0. À Colombes, ce vingt-sept février 1913, toujours en match amical, les Anglais leur passèrent une vraie déculottée (1-4), — Poullain, sur une passe de Guéguen à la soixante-quinzième minute, sauvant l’honneur d’un tir de vingt-cinq mètres. Dès le neuf mars, à Genève, en déplacement amical, la France écrasa à son tour la Suisse 4-1, et le vingt avril, pour fêter le printemps de retour à Saint-Ouen, ce n’est pas une carabistouille, la France écrabouilla amicalement le Luxembourg 8-0. Faisons le décompte pour la seule année 1913 : cinq matches amicaux, vingt-deux buts, — quatorze marqués et huit encaissés pour l'équipe de France (je me demande en passant si, dans ces antiques années, le football n’était tout de même pas beaucoup plus spectaculaire qu’aujourd’hui). 27 février 1913, équipe de France de football, Colombes, stade Yves-du-Manoir (agence Rol, photographie de presse, 13 x 18 cm, Bibliothèque nationale de France, référence Rol, 27246).

5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 17:23

 

Prima della rivoluzione, de Bernardo Bertolucci, avec Francesco Barilli et Adriana Asti, 115 mn, 1964.

 

5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 01:16

 

In The Mood For Love, de Wong Kar-wai, avec Maggie Cheung et Tony Leung Chiu-wai, 2000 (version italienne).
4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 22:19

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« Ma vie repose presque entièrement sur le travail et sur l’amour, et j’en remercie Dieu. Le travail n’a pas toujours été facile. L’amour non plus, dois-je ajouter. En ce qui concerne ma vie de travail, elle a été marquée, dès l’âge de dix-sept ans, et pour de nombreuses années, par un roman auquel je ne comprenais rien. J’avais l’idée de plusieurs personnages, cinq ou six environ, que je voyais très nettement. Ils s’adressaient l’un après l’autre à un personnage central, et j’entendais ce qu’ils disaient, mais ce personnage central restait flou, et je savais pourtant qu’il occupait le cœur du roman. Je me disais parfois que ce serait plus simple d’écrire un recueil de nouvelles à partir de ces personnages, mais quelque chose m’en empêchait, l’intime conviction qu’un roman devait naître de ce mystérieux enfantement. » Carson McCullers, Illumination and Night Glare, traduit par Jacques Tournier, 10\18, mars 2001.

3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 00:48

Bible-de-Saint-Thierry--Reims--BM-ms-3-f.25.jpg

Il me faut chanter une fois de plus
Car l’heure est douce et clair le temps,
Et pourtant comme je suis triste.
      Écoutez pourquoi :
C’est que la dame à qui j’aspire
Ne veut pas avoir pitié de moi.
 

Gontier de Soignies, Rotrouenge. Illustration : bible de Saint Thierry, Bibliothèque municipale, Reims. 

30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 10:59

albert-rosenthal-portrait-of-mrs-h.bryanowsley-1910.jpg

Voilà un chapeau idéal pour aller se promener sur les grands boulevards, ou même visiter, par ce dimanche pluvieux, une chouette exposition du côté du Grand-Palais, non ? Pour l’instant je vais l’essayer, incognito, dans les petites rues sages de Champigny. Rien ne m’empêche d’acheter des kiwis, des mangues ou du gingembre sur le marché. Ce soir, s’il y a un bal sur la grand-place, je pense que je vais me lancer illico presto dans un charleston de tous les diables avec ce fou de Raymond. Ah ! ce chapeau ! il avait l’air si triste et abandonné sur son coin d’étagère oublié chez la modiste de la la rue Guillemet ! je me suis dit, — ma fille, il est temps de lui faire faire un petit tour en ville ! ou même de lui faire prendre un peu l’air de la campagne… Qu’est-ce que vous en pensez, vous, de ce drôle de chapeau ? Albert Rosenthal, Portrait of Mrs H. Bryanowsley, 1910.

29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 10:48

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« À pareille saison tout juste, deux ou trois fleurs de pivoine d’hiver, épanouies dans le soleil de l’automne tardif au pied du haut mur d’un vieux monastère du Yamato, des camélias sazanka blancs épanouis dans le jardin en bordure du promenoir extérieur de la Chapelle des Poètes Inspirés, et puis, mais c’était au printemps, à Nara, des fleurs de pteris, des glycines, et le “ Camélia Effeuillé ” couvert de fleurs au Tsubaki-dera… » Kawabata Yasunari, Les belles endormies (traduction de René Sieffert, Albin Michel, 1970).

28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 19:42

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Jeanne apprend la peinture à l’Académie Colarossi. Elle rencontre Amadeo en 1917 dans le Paris des artistes, du côté de Montparnasse et de la Rotonde. Ils ne vont plus se quitter, et conjuguer l’amour à tous les temps de l’indicatif de l’absolu dans l’atelier de la rue de la Grande-Chaumière. Elle aime son génie fiévreux et tourmenté. Une petite fille leur naîtra au soleil d’un novembre niçois, mais la mort rôde de plus en plus proche, — c’est elle, avec le désespoir et les drogues, qui tient les pinceaux. La méningite tuberculeuse lui enlève Amadeo le 24 janvier 1924. Le lendemain, Jeanne le rejoindra en se jetant d’une fenêtre du cinquième étage de l’appartement de ses parents, rue Amyot, dans le cinquième arrondissement. Elle attendait un autre enfant. Jeanne Hébuterne et Amadeo Modigliani.   

27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 06:45

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D’habitude Délia chante autour du violon des Balkans, mais là, ce matin, il fait si gris dans le ciel de Paris qu’elle s’est mise tout de suite à danser sous la pluie. Tous les enfants dorment encore dans les caravanes. La toile rouge du chapiteau brille comme un sou neuf. Délia tourne sur elle-même comme une folle au milieu des grandes flaques d’eau. C’est si joli la pluie sous le ciel de Paris ! Elle est heureuse. Personne n’est malade, — et oncle Nicolae va venir passer quelques jours avec eux. Paradis tsigane Cirque Alexandre Romanès, boulevard de Reims, 75017 Paris. 

Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

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« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.