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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 01:42

franchement, ça ne vous dirait pas de danser un petit madison de derrière les fagots, vite fait, avec Anna, Samy et Claude ? « Bravo Monsieur Ségalos, ça c’est du meuble ! »
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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 00:27
rohmer.jpg
C’est un roman du milieu du siècle dernier, écrit au quartier latin pendant les journées sanglantes de la libération de Paris. Il a été publié en 1946 sous le pseudonyme de Gilbert CordierAujourd’hui Michel Boujut a dit, sur l'antenne de France Culture, que tout Éric Rohmer était déjà dans ce bref roman (que, malheureusement, je n’ai jamais lu). Le titre est terriblement rohmérien en tout cas, — préservant une grande part de mystère derrière sa quotidienne et ordinaire simplicité. On se demande qui est cette Élisabeth, et ce qu’elle fait dans sa maison. Si ça se trouve, nous ne connaîtrons pas d’Élisabeth, ni n’entrerons dans aucune maison lui appartenant. Mais je prête peut-être à Gilbert Cordier plus d’Éric Rohmer qu’il ne saurait en contenir. Ou le contraire aussi bien.
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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 11:46

tagore
Non, il n’est pas en ton pouvoir de faire éclore le bouton
Secoue-le, frappe-le : tu n’auras pas la puissance de l’ouvrir.
Tes mains l’abîment ; tu en déchires les pétales et les jettes dans la poussière.
Mais aucune couleur n’apparaît, et aucun parfum.
Ah ! il ne t’appartient pas de la faire fleurir.
Celui qui fait éclore la fleur travaille si simplement.
Il y jette un regard, et la sève de vie coule dans ses veines.
À son haleine, la fleur déploie ses ailes et se balance au gré du vent.
Comme un désir du cœur, sa couleur éclate, et son parfum trahit un doux secret.
Celui qui fait éclore la fleur travaille si simplement.

Rabindranath Tagore (photographié ici en 1909 à l’âge de quarante-huit ans) 
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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 22:07

 


C’est en 1957, ils sont tous là, autour d’elle, Ben Webster, Lester Young, Vic Dickenson, Gerry Mulligan, Coleman Hawkins, et Roy Eldridge, — il y a ceux qui ont une moustache et un chapeau (Ben, Coleman, Roy), ceux qui n’ont ni moustache ni chapeau (Gerry), mais un super costard (Lester), ou presque plus de cheveux et une chemise à carreaux (Vic), ils sont venus l’accompagner et prendre leur solo pour ce sublimissime Fine And Mellow que Billie chante, plus Lady Day que jamais, du haut de son tabouret. Dans ses yeux sombres et brillants passe tout l’amour lumineux de la terre, — quand le délicat Lester vient à lui offrir quelques notes de pluie qu’il a volées dans les étoiles.
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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 11:13
amiel 2
Éprouvé aujourd'hui que le texte écrit, les ratures et les variantes hébétaient l’imagination et paralysaient la verve. Quand j’avais cherché longtemps en scribe, le crayon à la main, je me levais et après trois tours de chambre, la chose venait librement d’elle-même. La poésie doit être chantée ou dictée ; l’effort laborieux de l’homme courbé sur son pupitre l’effarouche et la met en fuite. Quand l’œil est fasciné par les caractères graphiques, l’esprit ne vole plus, et se traîne seulement. Il faut parler sa pensée et chanter ses rêves ; l’improvisation et la dictée sont des libératrices du talent. Je m’en aperçois un peu tard. (Henri Frédéric Lamiel, Journal intime, 19 novembre 1877)
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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 12:19

grues
Dans le langage savant des grues, grosso-modo, cela veut juste dire : « La route est longue, mais je vous promets qu’on va y arriver, les filles, pas la peine de vous époumoner comme ça, le ciel est grand, certes, mais nos ailes le sont aussi, et notre courage tout autant. N’oubliez pas de respirer à chaque battement d’aile, gardez la cadence, essayez surtout de bien rester en formation, — et tout ira bien, je vous le jure sur la tête d’un dodo. Il n’y a vraiment aucune raison de se perdre en route : c’est tout droit ! La première qui voit l’Espagne, je lui paye une menthe à l’eau au café Chez Pedro ! » 

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 00:37

ana.jpg
Quelquefois Aïda ne sait plus comment faire avec moi. Elle me regarde de ses yeux sombres si bien faits pour le rêve, se tord les doigts, fait la moue — et puis elle se tait. Elle n’ose pas me dire tout ce qu’elle a sur le cœur. Ça doit être des choses qu’on ne met pas, d’ordinaire, dans son cœur. Je sens qu’elle m’en veut, et si on devait en dresser la liste, on en aurait jusqu’à demain matin. Je comprends qu’elle soit tellement déçue par un type qui ne sait pas vivre (une fois elle m’a dit que je savais peut-être vivre, — mais pas avec elle). Je lui ai donné pourtant quelques billets de banque. Est-ce que ça suffira ? — « Oui, juste assez pour être pauvres », dit-elle en souriant.

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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 16:09

 

 

Quand ça ne va pas très fort le samedi, moi, j’écoute cette petite chanson dam do bee do dam dam et après on peut dire que ça ne va pas mieux, non, — je dirais même que ça va encore plus mal, mais au moins j’ai l’impression de savoir pourquoi ça ne tourne pas rond dans ma petite tête, et comme ça tout le monde est content ! (ou presque...)

 

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 19:14
 

Pendant que des paquets de mer s’effondrent tour à tour sur la fine balustrade, voici les fantômes, Kafka, les ombres permanentes des policiers, l’inconscient et la réalité, les sachets de drogue à l’hôtel, le procès, le fantôme de Kafka poursuivi et retrouvé  — mais, avant tout cela, devant la photographie douloureuse des morts violentes de la Commune (je crois), apparaît tout à coup le visage de Pascale Ogier, immense jeune fille qui nous regarde très exactement d’au-delà le masque de l’au-delà.

 

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 12:13
norac 
Il n'y a pas d’urgence à vivre. Personne ne me couvre de poudre blanche. Janvier vaque sans moi à son désordre. L’hiver fait des pointes, ne danse pas. Pas de faulx dans les prés, que des semaines à enterrer ou des marais sans poissons brillants. Comme un enfant je joue sous la première grêle. Je ferme les yeux pour ne plus avoir d’âge. Je lance çà et là des balles d’ombre. Je couds la nuit entre moi et vos rêves. Elle tient. Je fais mon temps, je respire. Tout ce qui passe sépare les humeurs. Je me perds si souvent qu’au fond je m’y retrouve, errant posé bien carré sur le seuil. Il n’y a pas d’urgence à vivre. Mon pouls régulier, presque trop, m’emmène où l’on ne m’attend pas et c’est un ciel fourbu en moi qui se relève. (in Lamento)
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Une Petite Rue D’Angoulême

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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.