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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 10:43

Jean_Marc_Nattier_portrait_de_jeune_femme.jpg

Lorsque j’eus fait imprimer l’Introduction à la vie dévote, Monseigneur l’Archevêque de Vienne, Pierre de Villars, me fit la faveur de m’en écrire son opinion en termes si avantageux pour ce livret et pour moi, que je n’oserais jamais les redire ; et m’exhortant d’appliquer le plus que je pourrais de mon loisir à faire pareilles besognes, entre plusieurs beaux avis desquels il me gratifia, l’un fut que j’observasse toujours tant que le sujet le permettrait la brièveté des chapitres. Car tout ainsi, dit-il, que les voyageurs, sachant qu’il y a quelque beau jardin à vingt ou vingt-cinq pas de leur chemin, se détournent aisément de si peu pour l’aller voir, ce qu’ils ne feraient pas s’ils savaient qu’il fût plus éloigné de leur route, de même ceux qui savent que la fin d’un chapitre n’est guère éloignée du commencement, ils entreprennent volontiers de le lire, ce qu’ils ne feraient pas, pour agréable qu’en fût le sujet, s’il fallait beaucoup de temps pour en achever la lecture. François de Sales, préface au Traité de l’amour de Dieu. [Jean-Marc Nattier, portrait de jeune femme.]

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 01:21

heinrich-kuhne

Les feuilles du géranium se décolorent,

se fripent une à une, mais il fleurit encore,

ce matin sous un ciel pur et lumineux :

les hardes de l’été retombent ici et là,

petites vies chassées du paradis

des jours de grand soleil, de chaleur,

des portes se ferment l’une après l’autre,

la solitude de la lumière apparaît

soudain entre les branches.

 

Paul de Roux, La Halte obscure, Gallimard, 1993 (photographie Heinrich-Kühn)

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 00:51
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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 01:29

This performance by Love Unlimited was broadcasted by dutch television on 22 april 1974. Glodean James, the singer in the middle was married to Barry White at that time. It May Be Winter Outside. 

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 16:54

said-my-soul.jpg

Come, said my Soul
Such verses for my Body let us write (for we are one),
That should I after death invisibly return,
Or, long, long hence, in other spheres,
There to some group of mates the chants resuming
(Tallying Earth's soil, trees, winds, tumultuous waves),
Ever with pleas’d smiles I may keep on,
Ever and ever yet the verses owning — as, first, I here and now,
Singing for Soul and Body, set to them my name, Walt Whitman.

Walt Whitman’s handwritten rough drafts of Come, said my Soul appear on the facing page and the front and back covers of this issue of American Poet. The poem was first published individually and then as the title-page epigraph to later editions of Leaves of Grass.
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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 12:44

scriitorcahiers panaït istrati

Le jour, par la canicule, je me réfugiais dans la taverne de l’oncle Anghel, fraîche comme une cave. J’arrosais, balayais, lavais les verres et apprenais l’art d’ouvrir une cannelle pour tirer le vin. L’oncle me regardait faire et disait : « Deh, mon garçon, je voudrais bien te garder près de moi, car tu m’as l’air dégourdi, mais ce ne serait guère sage : l’enfant qui se sent chez un parent devient effronté et se gâte. Il n’y a que chez les étrangers que l’on apprenne à devenir homme. Mais il ne faut pas entrer au service de quelque mesquin. Cherche un maître opulent. Et sers-le avec foi ! Ne t’habitue surtout pas à chaparder, c’est chose fort nuisible dans le commerce et qui porte malchance. Si tu as envie d’une friandise, va droit à ton maître, regarde-le ouvertement dans les yeux et dis-lui : “ Monsieur Pierre, j’aimerais bien manger un craquelin aujourd’hui ! ” S’il te donne un sou, achète et mange ; sinon, patiente ! » Panaït Istrati, Mes départs, éditions Gallimard, 1928.

 

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 14:36

francis-carco.jpg

Elle venait du Midi. Elle avait une pointe d’accent que son sourire, très rouge sur des dents blanches, pimentait singulièrement. On l’appelait la Toulonnaise. En effet, elle avait vu le jour rue aux Arbres, parmi les platanes tors, et grandi, comme les filles de là-bas, au soleil, près de la mer bleue, dans l’odeur âcre du port, du marché, des pins, des tamarins, du fenouil et des fleurs sauvages. Francis Carco, Nine, in La belle amour, éditions de Paris, 1952.

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 00:25

Isaac-bashevis-singer.jpg

« Je me précipitai dehors et courus vers la rue Niecala. D’un seul coup, Varsovie m’apparaissait comme une ville étrangère. Je reconnaissais à peine les boutiques, les immeubles, les tramways. Un passage de la Guemara me revint à l’esprit où il est dit que ce qui est sur le point de brûler est comme déjà brûlé. Je le paraphrasai à mon propos : ce qu’on se prépare à abandonner a déjà l’air abandonné. » Isaac Bashevis Singer, Lost in America, 1981 (traduction de Marie-Pierre Bay, in Le nouveau cabinet cosmopolite, éditions Stock, 1983).

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 01:51
Film de Bert Stern. 


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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 00:35

daniele-petres.jpg

C’est au moment de partir que je n’ai plus l’envie de voyager. Je regarde mon sac et, décidément, non, ça ne me dit plus rien du tout. Pourquoi s’en aller ? qu’ai-je à faire ailleurs ? Je sais bien que c’est cet ailleurs qui devrait enchanter ces moments des préparatifs, les idées qu’on se fait de ce qui nous attend, ou même : cet inconnu, dont on croit entendre l’appel. Je prête une oreille fort attentive, mais non, je n’entends pas le moindre appel. Je pars tout de même en voyage. Je suis en route, – l’idéal serait d’ignorer la destination. Le voyage pour le voyage, en quelque sorte. Si je suis parti de quelque part, qu’au moins il me soit permis de n’arriver nulle part. Et retour par le même chemin, ou un autre plus buissonnier. Je regarde le ciel. Est-ce qu’il voyage lui aussi ? Photographie : Un peu avant l’été, entre Albi et Montauban, dix-neuf heuresDanièle Pétrès.

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Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
  • le ciel au-dessus de la rue
  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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Recherche

il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.