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Top articles

  • vienna, 101 heitzingerstrasse

    31 août 2010 ( #écritures )

    Walli, le météore rouge et jaune, a quitté sa vie depuis quelques mois. Après un voyage dans les Carinthes jusqu’à Trieste, il s’installe dans la capitale d’Autriche. L’atelier est lumineux, immense, — pas aussi immense que sa peine à vivre. Dans la rue,...

  • les faubourgs d’istanbul

    30 août 2010 ( #citations )

    En cette période où Nerval caressait le rêve de faire un second séjour en Orient, ce fut Gautier qui, cette fois, se rendit à Istanbul. La vitesse et l’expension des navires à vapeur avaient réduit à onze jours la durée du trajet entre Paris et Istanbul....

  • une lettre de la haye

    27 août 2010 ( #lettres )

    Monsieur, si j’avais jamais eu le désir d’occuper une chaire professorale, je n’aurais pu en souhaiter une autre que celle que le Sérénissime Electeur m’offre par votre entremise, et cela surtout parce que le très gracieux Prince veut bien m’accorder...

  • la passante d’été

    26 août 2010 ( #poésie )

    Vois-tu venir sur le chemin la lente, l’heureuse, celle que l’on envie, la promeneuse ? Au tournant de la route il faudrait qu’elle soit saluée par de beaux messieurs d’autrefois. Sous son ombrelle, avec une grâce passive, elle exploite la tendre alternative...

  • à marina

    26 août 2010 ( #lettres )

    « Je crains l’été en ville, le manque d’air, la poussière, l’insomnie, le déferlement de la brutalité — celle des autres, mais qui est contagieuse ; je crains l’idée de l’enfer (souffrance informe). Mais si je profité de l’une des cent invitations qui...

  • 28 juillet 1907

    25 août 2010 ( #citations )

    « Non loin de la maison, il jeta sa bicyclette dans un buisson. Je le fis attendre un instant devant la porte du vestibule, que je lui ouvris de l’intérieur, après avoir fait le tour du rez-de-chaussée, par la cuisine. Comme je me hâtais ! Qu’eussé-je...

  • le prix grillparzer

    23 août 2010 ( #citations )

    Pour l’attribution du prix Grillparzer de l’Académie des sciences de Vienne il fallait que je m’achète un costume, car j’ai soudainement pris conscience, deux heures avant la remise solennelle, que je ne pouvais décemment me présenter habillé d’un pull...

  • I am missing you

    21 août 2010 ( #chansons )

    C’est un peu de l’Inde fulgurante, mais mâtiné des brumes du Liverpool de George Harrison. Quand l’automne déchire l’Europe de feuilles mortes et de vents fous, l’Inde se pare encore de divins soleils. I am missing you (oh Krishna where are you). Pandit...

  • kanshoji en dordogne

    21 août 2010 ( #écritures )

    Il s’est passé dans la nuit un petit drame dans la calme et vénérable communauté dordognote de La Coquille : en revenant de la cantine, sur le chemin qui la conduisait à sa tente sous les arbres, Miss Kitty a égaré le magnifique album La mystérieuse Catherine...

  • par un jour d’été, en septembre

    19 août 2010 ( #écritures )

    C’est sur les hauteurs de Nice qu’il la rencontre, — cela fait deux soleils dans sa vie, désormais. Guillaume est perdu (quel poète ne l’est pas ?) Il va endormir ses nuits près d’elle dans l’ombre opiacée de longues confidences. Mademoiselle de Coligny-Chatillon...

  • les arbres fruitiers, la pluie et le soleil (…)

    17 août 2010 ( #citations )

    Par bonheur, comme la plupart des enfants, j’ai appris l’essentiel de ce qu’il faut savoir dans la vie avant de commencer l’école, grâce à l’enseignement dispensé par les arbres fruitiers, la pluie et le soleil, les rivières et les forêts, les abeilles,...

  • vallée de nazareth

    16 août 2010 ( #écritures )

    Chuchotements de la source aveux d’évangile lune fragile dans sa course Holy Land, Vale of Nazareth, original steel engraving drawn by W. H. Bartlett, engraved by C. Cousen, 18 x 13 cm, 1850

  • la fine dell’eclisse

    15 août 2010 ( #écritures )

    Vittoria ne marche plus dans les rues de Rome ; elle ne viendra pas attendre Piero au carrefour près de chez elle. Au début du film, elle avait quitté Riccardo dans une aube grise et sale, et on savait tout de cette nuit terrible de leur séparation dont...

  • pierre bonnard, la lumière

    13 août 2010 ( #écritures )

    Aujourd’hui il ferait presque gris sur Angoulême, ciel incertain, été fané. C’est peut-être le moment de se couler dans l’or lumineux de Pierre Bonnard, de profiter qu’il a ouvert la fenêtre pour emplir son cœur de paysages considérables, et lui voler...

  • la dernière heure

    12 août 2010 ( #écritures )

    Apparemment l’auteur est assez heureux et satisfait de lui, — et serait même prêt, si l’occasion s’en présentait, à refaire une petite et charmante promenade de santé dans la réalité. Que sait-on de la réalité ? comment s’assurerait-on qu’on soit vraiment...

  • kitty-en-champagne, un dimanche de 1967

    09 août 2010 ( #écritures )

    Au début ça piquait bien un peu, mais c’était plutôt rigolo. Le seau était magnifique, des glaçons musiciens y improvisaient une joyeuse sarabande, — et la petite robe blanche se faisait si mignonne tout plein qu’on avait bien envie de la garder toute...

  • une drôle de question

    07 août 2010 ( #citations )

    « Est-ce qu’on ne peut pas admettre que des hommes capables, intelligents, et à plus forte raison doués de talent ou même de génie — donc indispensables à la société — au lieu de végéter toute leur vie soient dans certains cas libres de désobéir aux lois...

  • souffles d’un jour d’été (fragment)

    04 août 2010 ( #citations )

    Cela s’était produit dans ce même jardin, non loin de l’endroit où ils se trouvaient maintenant. Le souvenir se compléta. D’autres passages qu’elle avait rappelés à son frère lui revinrent : « Est-ce toi, ou n’est-ce pas toi ? Je ne sais où je suis, et...

  • dyna

    11 septembre 2010 ( #écritures )

    Ce matin, prochain Circuit des Remparts oblige, j’ai vu, stationnée devant la pâtisserie de la place Francis-Louvel, une voiture des années soixante, une vieille Panhard. Mon cœur n’a fait qu’un bond, — j’étais, de nouveau, ce petit garçon en culottes...

  • missouri, 1832

    03 août 2010 ( #écritures )

    Vous ne savez plus trop quoi faire de votre vie ces jours derniers ? — eh bien peut-être pourriez-vous embarquer, vous aussi, sur le Mandan et remonter le tonitruant Missouri. C’est un truc que vous ne ferez pas tous les quatre matins, je vous assure....

  • clarissa

    30 juillet 2010 ( #citations )

    Quand Clarissa, bien des années plus tard, s’efforçait de se souvenir de sa vie, elle éprouvait des difficultés à en retrouver le fil. Des espaces entiers de sa mémoire semblaient recouverts de sable et leurs formes étaient devenues totalement floues,...

  • la lune vague et la pluie

    28 juillet 2010 ( #écritures )

    Dans les brumes au-dessus du lac, la barque glisse dans l’irréalité du monde, emportant Genjuro et Tobei qui veulent provoquer leur fortune et fuir leur destin. Ils ne feront qu’en précipiter les funestes épisodes, — le premier se perdra dans de fantomatiques...

  • les lumières s’éteignent

    25 juillet 2010 ( #citations )

    « Ce même soir, M. Ravussin, rentrant chez lui après avoir été faire sa partie au Cercle, s’étonna grandement de trouver sa femme au salon et plus encore de la toilette de sa femme, car c’était une robe d’intérieur laissant voir les épaules et les bras...

  • les mots voyagent

    22 juillet 2010 ( #écritures )

    Il a l’air surpris d’être là. À cette époque la photographie n’était pas instantanée, — elle participait plutôt d’un cérémonial, et pourtant ses yeux sont encore dans un grand étonnement. Vous me photographiez ? pourquoi doit-on être photographié ? Les...

  • dazaï osamu

    18 juillet 2010 ( #citations )

    J’arrivai à Tôkyô un soir où tombait une neige abondante. Ivre, je me trouvai derrière Ginza, fredonnant : « Ici, si loin du pays… » Du bout du pied je chassais la neige qui s’épaississait quand, tout à coup, je dus cracher. Ce fut mon premier crachement...

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Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

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« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.