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Top articles

  • prose inédite

    16 juin 2017

    « De temps à autre, cet homme ou cette femme habitant une maison isolée en plein champ, une maison à peine desservie par un chemin de terre, se regarde dans la glace héritée d’un aïeul. Depuis plus de trois cents ans, cette glace a reflété des corps jeunes...

  • du côté de proust

    06 avril 2013 ( #écritures )

    « Mais qu’est-ce qu’un souvenir dont on ne peut se souvenir », se demande-t-il, — sans point d’interrogation, au milieu de la page du cahier d’écriture. J’avance une petite théorie toute personnelle (mais, en réalité, toute proustienne) : c’est un souvenir...

  • le matin

    18 février 2013 ( #citations )

    « Le matin, qui est le plus notable moment du jour, est l’heure du réveil. C’est alors qu’il est en nous le moins de somnolence ; et pendant une heure, au moins, se tient éveillée quelque partie de nous-même, qui tout le reste du jour et de la nuit sommeille....

  • fra angelico et les fleurs

    12 février 2013 ( #citations )

    « (…) le matin suivant, il y eut des moments de soleil et l’après-midi je vis les alpages de Crevasalva dans la plénitude et la force de leur floraison. Il se passa en moi avec les fleurs des Alpes ce qui se passe lorsqu’on regarde pour la première fois...

  • le désir dessiné

    12 janvier 2013 ( #films )

    On ne sait pas trop quand l’amour naît, mais le désir, si, il trouble la vue, obscurcit la lumière, éblouit les nuits, — il est dans chaque plan du film Cinq femmes autour d’Utamaro, de Mizoguchi Kenji, dessiné d’une caméra élégante et suave, aussi délicate...

  • éloge du cahier d’écolier

    30 décembre 2012 ( #écritures )

    La plume Sergent-Major en grattait le papier quadrillé et l’encre violette s’écoulait pour dessiner les premiers mots d’une leçon de choses, ou ceux d’un poème de Victor Hugo. Du haut de ses taches, le buvard surveillait les pâles progrès en écriture...

  • les jours où tu n’écris pas

    16 décembre 2012 ( #écritures )

    Dans mon petit bout d’atelier, je pense à mes gribouillages maladroits. La pluie glisse doucement sur la vitre de la fenêtre ; sur le vieux mur de la ruelle, le lampadaire jaune vient de s’allumer à l’instant dans le soir silencieux. Glenn Gould rêve...

  • 12 novembre

    28 novembre 2012 ( #citations )

    Trouvé dans un livre une feuille de rose flétrie, qui sais depuis quand ! Je me le demande en revenant sur les printemps passés, sur les jours et les lieux où cette rose a fleuri ; mais rien ne revient de ces choses perdues. Ce n’est pas un malheur d’être...

  • le pays de robert walser

    06 novembre 2012 ( #écritures )

    Le pays de Robert Walser est fait de montagnes, de vallées, de plaines paresseuses ou de capricieuses collines. Les alpages juvéniles succèdent aux immémoriales forêts, et les paisibles prairies aux vergers délicats. Il neige. La tendre rive des lacs...

  • quelque beau jardin

    28 septembre 2012 ( #citations )

    Lorsque j’eus fait imprimer l’Introduction à la vie dévote, Monseigneur l’Archevêque de Vienne, Pierre de Villars, me fit la faveur de m’en écrire son opinion en termes si avantageux pour ce livret et pour moi, que je n’oserais jamais les redire ; et...

  • au début d’octobre

    26 septembre 2012 ( #citations )

    Les feuilles du géranium se décolorent, se fripent une à une, mais il fleurit encore, ce matin sous un ciel pur et lumineux : les hardes de l’été retombent ici et là, petites vies chassées du paradis des jours de grand soleil, de chaleur, des portes se...

  • come, said my soul

    29 août 2012 ( #citations )

    Come, said my Soul Such verses for my Body let us write (for we are one), That should I after death invisibly return, Or, long, long hence, in other spheres, There to some group of mates the chants resuming (Tallying Earth's soil, trees, winds, tumultuous...

  • un conseil

    14 août 2012 ( #citations )

    Le jour, par la canicule, je me réfugiais dans la taverne de l’oncle Anghel, fraîche comme une cave. J’arrosais, balayais, lavais les verres et apprenais l’art d’ouvrir une cannelle pour tirer le vin. L’oncle me regardait faire et disait : « Deh, mon...

  • un soir à confidences

    12 août 2012 ( #citations )

    Elle venait du Midi. Elle avait une pointe d’accent que son sourire, très rouge sur des dents blanches, pimentait singulièrement. On l’appelait la Toulonnaise. En effet, elle avait vu le jour rue aux Arbres, parmi les platanes tors, et grandi, comme les...

  • ce qu’on se prépare à abandonner

    01 août 2012 ( #citations )

    « Je me précipitai dehors et courus vers la rue Niecala. D’un seul coup, Varsovie m’apparaissait comme une ville étrangère. Je reconnaissais à peine les boutiques, les immeubles, les tramways. Un passage de la Guemara me revint à l’esprit où il est dit...

  • je pars en voyage

    20 juillet 2012 ( #écritures )

    C’est au moment de partir que je n’ai plus l’envie de voyager. Je regarde mon sac et, décidément, non, ça ne me dit plus rien du tout. Pourquoi s’en aller ? qu’ai-je à faire ailleurs ? Je sais bien que c’est cet ailleurs qui devrait enchanter ces moments...

  • haroset

    16 juillet 2012 ( #citations )

    « Il faut d’abord prendre une grande bassine en cuivre, la faire chauffer — c’est très important — sur un feu de bois de roseaux. Quand le fond est chaud, y jeter des pommes coupées en tranches très fines, des raisins secs, des dattes sans noyaux. Laisser...

  • roger gilbert-lecomte

    11 juillet 2012 ( #citations )

    Et maintenant, pourquoi ma pensée va-t-elle, parmi tant d’autres écrivains, vers le poète Roger Gilbert-Lecomte ? Lui aussi, la foudre l’a frappé à la même période que les deux précédents, comme si quelques personnes devaient servir de paratonnerre pour...

  • une journée de printemps

    02 juillet 2012 ( #citations )

    Mais le jour où Albertine vint, le temps s’était de nouveau gâté et rafraîchi, et d’ailleurs je n’eus pas l’occasion d’entendre son rire ; elle était de fort mauvaise humeur. « Balbec est assommant cette année, me dit-elle. Je tâcherai de ne pas rester...

  • la robe des coquelicots

    21 juin 2012 ( #écritures )

    Pendant que j’écris ces lignes, le premier orage de l’été monte par-dessus le toit. Le tonnerre roule dans les remparts autour de la ville ; quelques éclairs illuminent les pavés de la ruelle. Je me suis mis à la fenêtre de l’atelier pour regarder le...

  • coquillage

    13 juin 2012 ( #citations )

    Dans un soir d’été d’une beauté antique, j’avais avec moi un petit panier tressé et oblong empli de coquillages rejetés par l’océan, cet océan que jamais encore je n’avais contemplé. À mes côtés était venu s’asseoir, faisant la pause dans son travail,...

  • dans le goudron (melinda)

    23 mai 2012 ( #peintures )

    [Melinda deuxième] Je suis depuis plus d’une heure, peut-être deux, au comptoir de l’Eldorado sur la quarante-troisième. Je ne sais plus comment j’ai atterri là. New York est sous la neige, et mon cœur aussi. Aujourd’hui tout est allé assez de traviole...

  • première fois

    19 mai 2012 ( #films )

    L’autre après-midi, Philippe est venu mettre en route Iseult, l’imprimante couleur jet d’encre. Que je vous dise, il y a onze cartouches d’encre pigmentée sous le capot, — l’imprimante en noir et blanc s’appelant Tristan. Le film provient du téléphone...

  • écrire

    08 mai 2012 ( #citations )

    « À ce moment, et comme nous étions déjà loin de Martinville, en tournant la tête, j’aperçus de nouveau les clochers tout noirs cette fois, car le soleil était déjà couché. Par moments, les tournants du chemin me les dérobaient, puis ils se montraient...

  • odessa

    29 mars 2012 ( #citations )

    Odessa est une ville épouvantable. Tout le monde sait ça. Au lieu de « il y a une grande différence », on dit là-bas « il y a deux grandes différences », et aussi « ici-là et là-bas-ci ». Il me semble néanmoins que l’on peut dire beaucoup de bien de cette...

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Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

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« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.