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Top articles

  • en voyage, tout près

    19 avril 2011 ( #écritures )

    C’est une page du dernier Monde des livres, que je n’avais pas vue, et que je découvre sur la petite table du salon chez Catherine et Patrick. « Kafka et ses amours impossibles ». Oui, elles sont toutes là, apparemment, Julie, Felice, Milena, Dora, —...

  • vue de la chambre d’hôtel, le matin

    18 avril 2011 ( #écritures )

    Le matin, autour de huit heures, la lumière étire sur la plage nue les ombres des palais, qui deviennent de vrais châteaux de sable. L’embouchure de la Gironde est mon pays d’enfance. Elle est restée sous le même ciel, dans une vie de sieste et de cerfs-volants....

  • au café

    09 avril 2011 ( #écritures )

    Elle vient de se retourner au milieu de son ennui, — non, ce n’est toujours pas Jean-Marc, Jean-Marc est un spécialiste des rendez-vous manqués. Elle l’attend depuis cinq heures, elle n’est plus à une heure près. Jean-Marc s’arrange toujours pour qu’elle...

  • le rêve de mademoiselle bertillot

    02 avril 2011 ( #écritures )

    Je passe de moelleuses journées dans la panière à linge sur la mezzanine de l’appartement, et, depuis quelques jours, j’ai un copain, un drôle de chat de gouttière qui passe son temps à se balader sur les toits, — comme il se doit. Il fait semblant de...

  • un jour d’été en petite-russie

    31 mars 2011 ( #citations )

    Je me rendis dans une papeterie, j’achetai un gros cahier relié en moleskine noire. De retour chez moi, tout en buvant mon thé, je me disais : « Oui, assez tergiversé. Je vais surtout me consacrer à la lecture. S’il m’arrive d’écrire, ce sera simplement...

  • avant d’écrire

    29 mars 2011 ( #écritures )

    C’est pendant qu’on taille la plume que l’écriture se met obscurément en mouvement, et je cherche désespérément, depuis hier, comment on pourrait appeler ou décrire ce mouvement particulier (rien n’est encore écrit, et pourtant l’écriture est déjà là)....

  • la page la plus importante

    22 mars 2011 ( #écritures )

    Dans la librairie, j’ai hésité un petit peu à acheter ce livre d’Erri De Luca qui vient d’être publié en poche, — mais je l’ai déjà quelque part dans un coin de la bibliothèque. A propos de ce livre, j’ai pensé que la page la plus importante d’un livre,...

  • je t’explique

    22 mars 2011 ( #écritures )

    La vie est un peu compliquée ces derniers temps (elle l’était aussi avant, bien sûr, mais peut-être moins, — en tout cas j’avais l’impression que j’allais finir par y comprendre quelque chose, mais je crois qu’avec la vie, ça n’est pas la peine de s’y...

  • la vie simple

    15 mars 2011 ( #écritures )

    Sur la petite table il y a les deux fruits et le vase, et dans le vase les fleurs ; dans le carré de la fenêtre la mer, et juste au bord du voile du rideau le bateau, — un peu plus loin à la droite du palmier sur le front de mer. Après, c’est le jeu de...

  • papillon jaune

    06 mars 2011 ( #écritures )

    Au début de l’après-midi je me suis assis au soleil dans la cour de l’ancienne école. Le faubourg était silencieux, quelques voitures passaient sur la déviation. Un papillon jaune est venu voleter près de moi pour me dire bonjour. Il m’a demandé comment...

  • cet été-là (du côté de l’argentine)

    04 mars 2011 ( #films )

    Il m’était venu de drôles d’idées, cet été-là, — je ne voulais plus me coucher ni dormir jamais ; je trouvais que c’était du temps perdu. Je voulais, je voulais… je ne savais pas quoi exactement. J’avais réussi mon semblant d’examen et mon père me demanda...

  • « oui »

    02 mars 2011 ( #écritures )

    Je me suis levé, ce matin, décidé à dire « Oui » à tout, m’aurait-on demandé si je désirais sur l’instant mourir ; dans l’après-midi, sur les remparts, les lampadaires étaient tous allumés dans la brume d’hiver, et à eux aussi il me semble que j’ai dit...

  • anna, anna

    27 février 2011 ( #écritures )

    Je ne sais plus où j’en suis avec Anna, ou plutôt je me doute qu’il est préférable qu’il en soit ainsi. Autrefois, il me semblait qu’avec Anna, nous nous comprenions. Elle travaillait à Rome, moi je vivais du côté de Maiori, — tout était simple alors...

  • pendant le tournage

    23 février 2011 ( #écritures )

    C’est une journée grise, il va pleuvoir et on ne pourra pas réaliser des prises de vues aujourd’hui. Qu’est-ce qu’on va faire alors ? On va s’ennuyer, lire un vieux roman, rêver de Stendhal. Cette robe, ces voiles, rien ne va, c’est trop clair, trop beau....

  • mise à jour

    19 février 2011 ( #écritures )

    Le 27 décembre dernier, j’étais allé vite en besogne en prévenant de l’imminente sortie de D’après une nouvelle de Stefan Zweig, — l’ouvrage ne sortira que dans ces jours, et ne devrait être enregistré à la Bibliothèque nationale qu’en début de semaine...

  • les jours perdus

    17 février 2011 ( #écritures )

    On passe beaucoup de temps à courir d’un quartier de Paris à l’autre, d’un rendez-vous à un autre rendez-vous. On traîne dans les bars, on regarde les garçons autour des juke-box, on sirote sa limonade en rêvant d’aller faire un tour au bord de la mer...

  • sur la plage vers midi

    15 février 2011 ( #écritures )

    Il y a des choses qu’on ne sait pas, et qu’on ne saura vraisemblablement jamais. Peut-être vaut-il mieux ne pas les savoir (on ne peut envisager bien sérieusement de tout connaître), — par exemple à quoi pense cette demoiselle légère en robe rose et chapeau...

  • dans le train

    13 février 2011 ( #citations )

    Depuis longtemps, le long crépuscule printanier, assombri par les nuages pluvieux, était tombé, le lourd wagon grondait en traversant les champs nus et frais, — le printemps, dans les champs, était encore à son début, — les contrôleurs passaient dans...

  • un cœur rêveur

    11 février 2011 ( #écritures )

    Les lointains auxquels il pense ne sont pas si éloignés de lui. Il regarde l’horizon du côté où il voudrait aller, là-bas, où naissent les nuages. Rêver d’un pays au-delà des mers, ce n’est jamais rêver d’un pays, mais de sa vie nouvelle, — pas même de...

  • la logeuse

    10 février 2011 ( #citations )

    Il remarqua qu’il était habillé comme pendant sa conversation avec Catherine et que, par conséquent, il ne s’était pas écoulé beaucoup de temps depuis qu’elle l’avait quitté. Le feu de la décision coulait dans ses veines. Par hasard, il toucha avec sa...

  • l’éden, le matin

    09 février 2011 ( #écritures )

    De quoi le monde est-il fait ? — d’eau, de vapeur d’eau et de conversation. J’ai l’impression que la conversation est de l’ordre de la vapeur, aérienne et liquide à la fois, entre deux états qui mêlent leurs aspirations pacifiques. J’ai vu tout de suite...

  • la notte (la vie n’est pas une fête)

    07 février 2011 ( #écritures )

    L’après-midi est étouffant, ce jour-là, à Milano. On va aller boire une coupe de champagne dans la chambre de Tommaso à la clinique — dans quelques heures il ne sera plus. Giovanni erre dans ses pensées d’écrivain fatigué. Lidia ne sait plus où elle en...

  • je vous écris

    04 février 2011 ( #écritures )

    Où était-il le monde, ce matin ? que faisait-il ? Je ne m'en souviens plus, — ce matin, c’était il y a un an, cinq ans, c’était un autre monde. Je ne vous connaissais pas. Ce soir, je ne vous connais pas davantage, mais je vous écris. A vrai dire, je...

  • gabriel sur la côte

    03 février 2011 ( #écritures )

    Les journées au bord de la mer ne sont pas des journées comme les autres, elles contiennent un infini (un infini qui serait tout à coup à notre portée) et deviennent de fragiles petites gouttes d’éternité dans le miroir de l’azur. Quand il composait dans...

  • dimanche à paris

    02 février 2011 ( #citations )

    A quoi ressemblaient les dimanches, au début, les dimanches de la rue Toullier ? Ce premier dimanche de 1902. Le seul, peut-être, dont Rainer se souvienne vraiment. Il pleuvait. C’était l’été et il pleuvait. C’était l’été et on balayait déjà les feuilles...

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Une Petite Rue D’Angoulême

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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.