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Top articles

  • tokaji

    06 novembre 2010 ( #écritures )

    Le passé, c’est loin, mais parfois il s’approche, à la faveur d’une petite nuit pâle, quand la lune éclaire une rue déserte du faubourg. Peut-être était-ce en Allemagne, ou dans l’Autriche-Hongrie d’un autre siècle. C’est dans ces confins de l’empire...

  • l’amour en notes

    05 novembre 2010 ( #citations )

    (…) Or, c’est précisément à cette époque que Kafka fait la connaissance de Milena Jesenska, cette jeune femme qui, après avoir traduit son premier livre en tchèque, allait devenir son amie et à qui, dès 1921, il confie l’ensemble du Journal. On peut supposer...

  • voilà comment je vois les choses

    04 novembre 2010 ( #écritures )

    Tantôt les points noirs deviennent blancs, et tantôt les blancs s’obscurcissent, surtout sur les côtés, et basculent aussitôt dans le gouffre de notre vue latérale (je parle des points situés à l’exacte intersection équidistantes les lignes verticales...

  • le soir descend

    03 novembre 2010 ( #écritures )

    Elle est si fatiguée qu’elle n’a plus de pensées. Peut-être devrait-elle mettre un peu d’ordre dans ce coin de cuisine, — est-ce encore une pensée ? un morceau de désir ? non, elle ne veut plus rien faire. Elle voudrait se séparer d’elle-même, et voir...

  • autres séjours

    03 novembre 2010 ( #poésie )

    c’est toujours l’hiver quand je viens ici le polder scintille sous la lune et la furtive marée de décembre attend du ciel un éclat de lumière je peux entrer me recueillir dans la chambre la marée me suit le vent me précède et les étoiles clignotent entre...

  • un roman de thyde monnier

    02 novembre 2010 ( #écritures )

    C’est pendant les lointaines années trente. Nous sommes dans les petits chagrins et les grands rires d’une bruyante banlieue ensoleillée de Marseille. La jeune héroïne fait des ménages et s’appelle Frisette. Son Jean dérive de plus en plus tard dans des...

  • léa, léa

    02 novembre 2010 ( #écritures )

    Je n’ai pas su tout de suite qu’elle s’appelait Léa, non, et son nom était si court, si incisif, que mon cœur le doublait systématiquement, — comme si une seule Léa n’eût pas suffi à alimenter la source de ce secret. Elle m’apprit qu’elle se prénommait...

  • shelley

    01 novembre 2010 ( #poésie )

    We look before and after And pine for what is not : Our sincerest laughter With some pain is fraught ; Our sweetest songs are those that tell of saddest thoughts. Shelley, To a Skylark, chant XXI (1820). Willy Ronis, Pub à Soho, Londres, 1955, © Willy...

  • après le match

    30 octobre 2010 ( #écritures )

    Je savais que son allonge était meilleure que la mienne. Sa technique, son expérience et son agressivité allaient subrepticement s’acoquiner pour me faire passer un méchant sale quart d’heure. Tout aurait été pour le mieux si je n’avais pas continuellement...

  • d’un petit carnet de voyage

    27 octobre 2010 ( #écritures )

    A cette époque-là je roulais dans une vieille voiture noire. J’avais fait installer un autoradio-cassettes qui grésillait comme si une famille de hannetons y avait élu refuge. J’écoutais Billie Holiday, Charlie Parker et John Coltrane. Je me souviens...

  • sur une île italienne

    27 octobre 2010 ( #écritures )

    Elle est sage Ingrid, ce jour-là. Peut-être le tournage s’était-il arrêté, ou bien n’avait-on pas besoin d’elle, et Roberto la laissa-t-il aller se promener seule par les ruelles. Elle avait peut-être besoin de ça, de se promener et de se perdre sur cette...

  • de la vie des livres

    25 octobre 2010 ( #écritures )

    Je rentrais chez moi dans une petite aube grise et rêveuse ; dans la maison, je marchais sans faire de bruit pour ne pas réveiller Alphonsine qui dormait à l’étage. La lumière se maquillait étourdiment dans les rideaux. J’allais gagner ma chambre quand,...

  • écrire

    24 octobre 2010 ( #écritures )

    C’est une sorte de roman. Au début, quand j’ai commencé à l’écrire, il n’en avait pas, — de début, et, de fil en aiguille (quoique ça ne soit pas vraiment du cousu main), je me suis figuré qu’il n’aurait pas davantage de fin. Cette idée me plaisait bien....

  • ma dame la reïne

    23 octobre 2010 ( #citations )

    Et li chevaliers dit au nain : « Nains, fet il, por deu, car me di Se tu as veü par ici Passer ma dame la reïne. » Chrétien de Troyes, Lancelot ou le Chevalier de la Charrette (autour de 1180), éditions Gallimard, bibliothèque de la Pléiade, sous la direction...

  • aujourd’hui

    22 octobre 2010 ( #écritures )

    Aujourd’hui, je suis parti en bateau. Je me suis assis à l’arrière et j’ai regardé le ciel. Le bateau avançait sous le vent, pas très loin de la rive endormie du fleuve. Au fil de l’horizon s’amoncelaient de beaux nuages ; j’avais l’âme du côté de ces...

  • sourires et grimaces

    21 octobre 2010 ( #écritures )

    La « photo de classe » est une photo d’identité supérieure : on s’y reconnaît presque en entier en ses jeunes années, et au milieu des camarades que le hasard aura mis sur la route cahotante des débuts de votre biographie. Rien ne fera plus que vous n'ayez...

  • chant d’amour

    20 octobre 2010 ( #écritures )

    Les heures sont longues et lentes sur le fleuve. Au-dessus le ciel est immense, bleu ou gris, ou jaune dans le couchant comme les yeux des filles. On va leur chanter un petit air de notre composition, — même si elles ne sont pas là. C’est pour leur dire...

  • ivo piangendo

    20 octobre 2010 ( #citations )

    Je m’en vais en pleurant sur mon passé Et je me repose sur l’amour des choses mortelles, Sans m’élever à toute volée, ayant moi-même des ailes, Pour peut-être ne pas donner de moi mauvais exemple. Toi qui vois mes maux indignes et sacrilèges, Roi du ciel...

  • tournera, tournera pas

    19 octobre 2010 ( #écritures )

    Dans un entretien du dossier de presse édité à l’occasion de la projection en sélection officielle au dernier Festival de Cannes, Otar Iosseliani explique le titre de son film : « C’est du russe, inspiré du français chantera pas. A la fin du dix-neuvième...

  • pour écrire dans le cahier

    18 octobre 2010 ( #écritures )

    Je l’avais perdu depuis pas mal de temps, et je l’ai enfin retrouvé ce soir, mon stylo prodigue qui s’est promené, la tête en l’air, dans toutes mes vieilles trousses d’écolier. Né il y a plus de cinquante ans (en 1956), il est donc, oui, presque aussi...

  • mon bel exemplaire d’apollinaire

    17 octobre 2010 ( #écritures )

    Je n’ai pas eu le temps de récupérer mon bel exemplaire des poésies complètes de Guillaume Apollinaire, dans la collection de la pléiade, que j’avais prêté à un détenu, — qui devait me le rendre dans l’après-midi. Jeudi matin Monsieur le Directeur de...

  • toutes ces années-là

    15 octobre 2010 ( #écritures )

    L’exposition a duré jusqu’à la fin du mois d’août dernier. Ce devait être un prodigieux voyage dans les folles images du milieu des années soixante. Cet après-midi-là le vent soufflait fort sur la Californie, le blouson de Jim Douglas s’ouvre sous le...

  • la soirée de décembre

    14 octobre 2010 ( #citations )

    Amis pleins de rumeurs où êtes-vous ce soir Dans quel coin de ma vie longtemps désaffectée ? Oh ! Je voudrais pouvoir sans bruit vous faire entendre Ce minutieux mouvement d’herbe de mes mains Cherchant vos mains parmi l’opaque sous l’eau plate D’une...

  • la pluie

    12 octobre 2010 ( #écritures )

    La pluie est mon amie. Elle voyage sous le vent et accroche de petites perles d’argent sur les feuilles des arbres. Elle fait briller la chaussée, crépite sur le trottoir et court comme une folle dans le caniveau. Où va-t-elle ? a-t-elle rendez-vous à...

  • chapitre premier

    11 octobre 2010 ( #écritures )

    La lune s’élevait au-dessus de la rue qu’elle éclairait jusqu’à l’endroit où elle tourne devant le haut mur du cimetière. D’ordinaire je connais parfaitement cet endroit de la ville (j’habite non loin de là, au bord de ce faubourg paisible), je m’y promène...

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Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
  • le ciel au-dessus de la rue
  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.