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Top articles

  • cent quatre vingt dix-huit

    10 octobre 2010 ( #citations )

    Elle dit : « On ne va pas rester comme ça, au garde-à-vous, jusqu’à la fin des temps. Il répond : « Ça me plaît quand même, après tout ira trop vite. » — Tu crois vraiment ? On s’en tient là alors ? Dominique Hérody, 203, Le temps qu’il fait, 2005 (August...

  • joe ne revient pas

    08 octobre 2010 ( #écritures )

    Le monde est silencieux. On se demande pourquoi, au fond du malheur, le monde est si silencieux. Je croyais que je saurais vivre, que j’y arriverais, mais non, je n’y arrive pas, — je n’y arrive pas du tout. On croit toujours que l’on est au bout de quelque...

  • je suis une fourmi

    06 octobre 2010 ( #écritures )

    C’est dimanche aujourd’hui, on peut se promener tranquillement et penser à soi. Soi ? C’est une drôle d’idée que de vouloir être soi quand on est une fourmi. J’y réfléchis tout en marchant (je me demande toutefois si nous ne tournons confusément pas en...

  • à la porte du jardin

    06 octobre 2010 ( #citations )

    J’aime un corps dans l’autre monde. Je n’ai pu lui témoigner tout ce qui naissait dans mon cœur. Et je me moque du cœur, dit l’homme, s’il a été inutile. Il donne un coup de pied à la porte de son jardin (qu’il ne cultivera plus) abandonné aux graines,...

  • les poètes désolés

    05 octobre 2010 ( #citations )

    Cependant, avril bourgeonnait aux marronniers des squares et fleurissait le cœur léger des gamines de seize ans. Les chanteurs des carrefours, entre deux ondées parfumées, entonnaient des romances sur un air langoureux que le public reprennait timidement...

  • la petite ballerine, longtemps après

    04 octobre 2010 ( #écritures )

    Elle était restée si longtemps au fond de sa boîte dans la nuit du grenier qu’on n’ose pas tout de suite en tourner la clé. On a incliné timidement la bouteille, remonté en hésitant le mécanisme, puis, avec précaution, on pose la bouteille sur la table....

  • un ami de la lumière

    03 octobre 2010 ( #écritures )

    Je vis au milieu des couleurs du jardin. Les couleurs sont des ondes qui viennent du bord du cœur et s’écoulent dans mes yeux. Elles s’ensoleillent autour de l’étang dans l’après-midi brûlant des étés irréels. Les jours de pluie, je rêve encore d’elles,...

  • contrechamp

    02 octobre 2010 ( #écritures )

    J’aurais bien voulu l’embrasser un peu cette petite Delphine espiègle et campagnarde, mais elle a tourné la tête au dernier moment (les filles sont drôlement fortes pour tourner la tête au moment crucial). Maintenant il faudra que j’attende l’année prochaine…...

  • un gros chat

    30 septembre 2010 ( #écritures )

    Depuis quelque temps, il y a un gros chat qui vient à la maison. Il se couche sur le lit, et il nous regarde. Ses yeux sont jaunes. Il n’a pas l’air du tout méchant. Quand il s’étire, il est aussi long que le lit est large, — ou à peu près. J’aime bien...

  • l’âme légère comme un oiseau

    28 septembre 2010 ( #écritures )

    Si je l’aime il faut tout de même que je lui dise un peu adieu, — on se dit toujours adieu quand on s’aime. Mais il faut que ce soit un adieu de tourterelle. Je me suis mise sur la pointe des pieds, mes mains se sont posées sur ses mains, et mes lèvres...

  • comme la lumière

    27 septembre 2010 ( #citations )

    « Dans les chambres où vous ne voyez rien que l’image de la banalité des autres et le reflet de votre ennui, Chardin entre comme la lumière, donnant à chaque chose sa couleur, évoquant de la nuit éternelle où ils étaient ensevelis tous les êtres de la...

  • promenade sur les champs-élysées

    26 septembre 2010 ( #citations )

    « Cette promenade des Champs-Elysées est insupportable. Il n’y a pas une seule goutte d’eau, la régularité en est triste, et par-dessus tout la poussière est fatigante à cause du voisinage de la route qui mène à Versailles. On aperçoit tout le temps les...

  • marika

    25 septembre 2010 ( #écritures )

    On ne sait pas quoi faire de ses bras quand on est dans un parloir de prison. On ne sait pas davantage quoi faire de ses yeux ni où regarder quand on devient amoureuse d’un égaré. On se sent le cœur si fragile et si gris lui aussi qu’on pourrait pleurer....

  • j’avais un frère

    21 septembre 2010 ( #écritures )

    Je suis à l’intérieur de mon histoire, elle est déjà lointaine, presque impersonnelle, écrite sur les pages jaunies d’une enfance perdue. A cette époque, je ne savais pas qu’il s’agissait d’une histoire, et encore moins de la mienne — je me demande bien...

  • où allons-nous ?

    17 septembre 2010 ( #écritures )

    Allez, on y va ! Chacun a mis son chapeau ; celui de paille de la dame est joliment fleuri de printemps tandis que celui du monsieur est plein d’un sérieux sombre et majestueux. On dirait qu’enfin le temps s’est éclairci, profitons-en, allons-y ! Ce qu’il...

  • hôtel savoy

    15 septembre 2010 ( #citations )

    J’arrive à l’Hôtel Savoy à dix heures du matin. J’étais décidé à me reposer quelques jours ou peut-être une semaine. C’est dans cette ville que vit ma famille, — mes parents étaient de Juifs russes. Je voudrais obtenir des subsides pour continuer ma route...

  • ahmedabad, 1913

    15 septembre 2010 ( #écritures )

    Ce côté du temple reste toujours secrètement dans l’ombre. C’est là, dans ce cloître infini, que j’aime me promener, moi et mes pensées désordonnées. La chaleur est insupportable certains après-midis ; ma peau est devenue noire comme le charbon. J’apprends...

  • de l’autre siècle

    14 septembre 2010 ( #écritures )

    C’est encore un après-midi de pluie presque infini, et François doit faire la lecture à ses petites sœurs. C’est toujours un peu la même histoire : des enfants font quelques gentilles bêtises, ici ou là, — et seront, à la fin, grondés très tendrement...

  • le livre des livres

    13 septembre 2010 ( #écritures )

    C’est un livre fait de beaucoup, de beaucoup de livres, — qu’on lit avec le cœur plus qu’avec les yeux, pour s’y perdre comme pour s’y retrouver. On y raconte l’histoire de rois pauvres, de pays voyageurs et de bergers. Il y pleut et il y fait grand soleil...

  • les yeux sont un pays

    11 septembre 2010 ( #écritures )

    Le temps s’est arrêté au bord d’un paysage, — le soleil est haut, déjà, dans le ciel étoilé, et la journée est pleine de délicates promesses Il y a juste assez d’enfance pour continuer de rêver. Les longues tresses sont encore bien tenues dans leurs torsades...

  • vers le soir

    08 septembre 2010 ( #citations )

    Vers le soir, sur le canapé, dans l’obscurité de ma chambre. Pourquoi a-t-on besoin d’un temps assez long pour reconnaître une couleur, mais pourquoi la reconnaît-on vite, et avec de plus en plus de conviction, dès que l’intellect a opéré un tournant...

  • l’endroit où l’on vit

    08 septembre 2010 ( #écritures )

    Nous avons achetés, Kitty et moi (enfin, — surtout Kitty), une nouvelle, haute et spacieuse maison ; celle-ci est au bord de la mer, planchers blancs, murs clairs, coussins moelleux et bergères roses, tout y est propret comme un sou neuf. Le panier est...

  • matin de septembre

    08 septembre 2010 ( #écritures )

    Je lis toujours « boucle » au lieu de « bouche », « ongle » en place d’« oncle » ou même, quelquefois, « malin » en lieu et place de « matin », et, tout de suite, si la phrase lue devient incompréhensible, elle prend tout de même une drôle de tournure...

  • il s’agit d’hammershøi

    07 septembre 2010 ( #citations )

    Il s’agit d’Hammershøi, peintre de chairs mortifiées, de formes sombres n’offrant que le dos au regard en ces embrasures où, tristement vague, flotte la lumière. Et, brusquement sauvées, auprès des buffets stables, des pâleurs du jour engourdi dans un...

  • « l’amour de loin »

    06 septembre 2010 ( #écritures )

    C’est une chanson du milieu du douzième siècle ab bons sons, ab paubres motz de Jaufré Rudel. Il y chante l’amour de loin : une très-gentille dame du pays des croisades a ravi son cœur. Le pauvre chansonnier est malheureux de son bonheur, et heureux de...

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Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

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« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.