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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 17:57
florilegium.jpg
Florilegium, quoting classical greek authors. Byzance empire, seconde moitié du XIe siècle. C’est un petit livre qui a vraisemblablement beaucoup vécu, et les auteurs aussi, — j’imagine qu’ils ont vécu des aventures incroyables. J’aime les marges et cette écriture aérienne et presque mathématique (sur ces deux pages, c’est peut-être une démonstration mathématique dont il est question, ou un traité de géométrie, voire une petite fantaisie algébrique, qui sait ?) J’essaye de comprendre pourquoi l’écriture manuscrite me semble toujours si vivante. Le temps passe, l’encre pâlit, mais, à mes yeux, la vie est toujours là, exemplaire, absolue. À quoi tient cette impression ? J’ai le sentiment que l’écriture vient à l’instant d’être couchée sur la feuille, — elle est perpétuellement dans la nouveauté de son apparition, dans le désir même de son récit.      
 

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commentaires

Lika 23/01/2010 01:44


j'ai une idée. Je pourrais donner sur mon blog un passage puisé dans une de tes lettres, pour que les gens voient qu'au vingt et unième siècle aussi, on peut rencontrer une "écriture aérienne et
presque mathématique". Ma nièce Véra, - mathématicienne et tant d'autres choses encore - possède elle aussi une écriture charmante et retenue : superbe. Tu veux que je te montre ?


Lika 23/01/2010 01:35


Quand je lis tes lettres, c'est exactement cette impression que j'ai. Et pourtant tu n'es pas mathématicien - à moins que tu ne me l'aies caché. Tu devrais publier certains de tes livres ainsi.J'ai
le sentiment que ce serait vraiment une bonne idée.


Une Petite Rue D’Angoulême

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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

renee-2-copie-2.jpg

Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.