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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 13:17

 

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Cliche-2010-09-08-13-57-59.jpg  mapetitepoup_e.jpg

Nous avons achetés, Kitty et moi (enfin, — surtout Kitty), une nouvelle, haute et spacieuse maison ; celle-ci est au bord de la mer, planchers blancs, murs clairs, coussins moelleux et bergères roses, tout y est propret comme un sou neuf. Le panier est accroché au porte-manteau, près des châles et des vestes de laine, et n’attend plus que le départ imminent au marché (au bout d’une paire de ruelles romantiques). La lumière arrive par l’ouest et, le soir, au couchant, c’est tout oranges et clémentines à l’intérieur, sur les murs, les canapés, sur les lits et les oreillers de plumes. Sur le coin de la table blanche, on peut même écrire un poème, ou un bout de novella, — pour la photo, j’ai enlevé tout mon fourbi, cahiers, encriers, stylographes et vieux bouquins, — ça ne faisait pas très clean. On est bien dans cette maison ; c’est tous les jours samedi matin et dimanche après-midi, ou presque. Quelquefois, le mardi ou le mercredi, il pleut sur le jardin et sur le toit (Kitty aime bien qu’il pleuve doucement, le mardi ou le mercredi, sur le jardin et sur le toit).

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commentaires

Lika 14/09/2010 16:04


Me voilà rassurée !


kitty 11/09/2010 14:13


Cette photo, c'est juste le jour de l'arrivée. Depuis, nous avons adopté des mouettes, un cormoran, trois hiboux, un fennec, une famille de bulots et une étoile de mer géante. Je vous laisse
imaginer l'état de la maison...


Lika 11/09/2010 01:23


Allons, Toto, refais-nous la photo, avec cette fois-ci les cahiers, les stylos, les encriers, les stylographes ! "pas très clean" ce qui fait ta vie ? Je n'en reviens pas.


Lika 11/09/2010 01:15


Je crois que j'aimerais mieux voir cette maison au cépuscule.


Pascale 09/09/2010 13:29


Trop clean pour être honnête (sourire), isn't it ?


Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.