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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 08:58

l-ours.jpg

C’était mon ami préféré dans ces temps-là, à vrai dire mon seul ami, à qui je racontais tous les secrets de mon cœur étourdi. Je lui prêtai mon gilet, lui nouai mon écharpe autour du cou et j’ai même essayé d’accrocher un ruban dans ses cheveux, — sauf qu'il n’avait pas un pet de cheveux sur le caillou. J’aimai son gros nez tout rond, ses deux yeux comme deux agates brillantes, et surtout ses merveilleuses, merveilleuses oreilles. Mon ami ne me contrariait jamais, il était toujours de mon avis, et était chaque fois d’accord pour aller au fond du jardin (on cueillait trois fleurs, on regardait le ciel et les oiseaux, et on s’asseyait le cul dans l’herbe, heureux). Qu’est-ce qu’il me faisait rire ! surtout quand il lui prenait l’envie de coller son museau dans mon cou chatouilleux !

(Photographie : collection particulière de Mademoiselle Catherine Remark.)

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commentaires

click here 11/09/2014 05:16

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Computer Repair 01/07/2014 09:44

The article is so heart touching one. This describes about the dearest friend that the one had and how they spend all time in the past together happily sharing all their happiness, sorrow and their dreams day and night….

Sabine 04/02/2011 20:23


Il est trop content cet ami d'avoir un ami comme moi...


TG 28/01/2011 09:51


L'enfance est le véritable ami à jamais perdu (c'est beau ce que je viens d'écrire!)


Lika 23/01/2011 01:16


Est-ce cela qu'on appelle une enfance heureuse ? Peut-être bien. Quand j'étais petite, je pensais que les enfants qui avaient des jouets en peluche, une maman et un jardin étaient heureux. J'aurais
bien voulu être comme eux.


Une Petite Rue D’Angoulême

  • : le ciel au-dessus de la rue
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  • : petites proses journalières, citations, musiques, ou bouts de films.
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il devient écrivain

strindberg-copie-1.jpg

« Toujours allongé sur son canapé, il se sent pris d’une fièvre inhabituelle et tandis qu’elle se poursuit dans son corps, sa tête travaille à mettre en ordre d’anciens souvenirs, à élaguer certaines choses et à en rajouter certaines autres. De nouveaux personnages secondaires se présentent, il les voit se mêler à l’action, il les entend parler. C’est comme s’il les voyait sur la scène. Deux ou trois heures plus tard il avait une comédie en deux actes toute prête dans la tête. C’était un travail à la fois douloureux et voluptueux, si on pouvait appeler cela du travail, car cela se faisait tout seul, sans l’intervention de sa volonté et sans qu’il y fût pour rien. Mais à présent il fallait l’écrire. La pièce fut achevée en l’espace de quatre jours. Il allait et venait entre son bureau et le canapé où, par intervalles, il s’effondrait comme une loque. » (August Strindberg)

valentine

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Ma grand-tante s’appelait Valentine. Elle vivait en solitaire à Fontbouillon, une campagne reculée, perdue, elle vivait ? — c'est un bien grand mot, je crois que je devrais plutôt dire qu’elle rêvait. Chaque jour elle s’habillait très élégamment, comme si ç’avait été un dimanche. Elle sortait peu. Elle regardait simplement la petite route qui passait devant sa porte, — où aurait-elle pu aller ? Les maris étaient morts depuis longtemps et son fils s’obstinait à vivre dans sa folie. Valentine s’asseyait à son piano et jouait ses nocturnes. La vie de Valentine est un immense, cruel et déchirant nocturne. Il y a longtemps que je pense à écrire le roman de sa vie absente. Fleur fanée d’un souvenir lointain et douloureux.

en voyage

KafkaMan

On arrive sur la grande place dès les premières heures, et tout est encore dans le tendre déploiement du rêve ; le jour est plus que le jour, — et la nuit moins que la nuit. Les pigeons égrènent la ponctuation subtile et mouvante de leur tourbillonnante quête d’horizons. Le ciel descend au milieu des murs, et les jeunes ombres s’étirent derrière les fenêtres. On est devant les vieilles procuraties, et le cœur s’absente de soi-même. On devient le voyageur de son désir — étranger au pays de ses errances.

l’écriture

wassermann

Il faudrait calculer le secret rapport entre la main et la pensée, — je ne suis pas sûr non plus que ce soit la pensée qui s’avance jusque dans la main, — c’est autre chose, peut-être simplement l’élan, la mise en mouvement de ce rapport justement, qui reste suspendu dans le fil courbe de la plume, et la respiration viendrait de ce qu’il faut tout de même, de temps en temps, tremper la plume dans le lac sombre de l’encrier. Peut-être les pensées sont-elles justement tout au fond dans l’encrier ? petites sirènes d’argent.